La section fribourgeoise du Syndicat des services publics (SSP) lance un nouvel appel à la mobilisation. Une demande de référendum avait été déposée en début d’année 2026, les professionnels du secteur public et parapublic, dont les infirmiers de l’Hôpital fribourgeois, sont désormais appelés à voter «non» le 26 avril lors de la votation populaire cantonale sur la Loi sur l’assainissement des finances de l’État (LAFE).
Parmi les principales préoccupations figure le projet d’abrogation de la grille salariale actuelle, au profit d’une plus grande flexibilité du système de rémunération – soit une «généralisation du salaire au mérite», dénonce le syndicat dans un communiqué.
Un sytème de rémunération jugé trop rigide
Les premiers se heurteraient à un plafond dans leur progression: «la rémunération ne suit ni l’effort fourni, ni l’évolution des compétences, ni le marché du travail pour certaines fonctions stratégiques. Cela entraîne une démotivation des plus performants et une perte d’attractivité», peut-on lire dans la motion.
L’État employeur verrait quant à lui son agilité réduite: «il est difficile d’être plus généreux en période favorable ou de ralentir les hausses en période difficile. La gestion responsable des ressources humaines et financières est ainsi entravée.»
Si le Conseil d’État a, dans sa
réponse du 3 février 2026, rejeté l’idée d’une révision totale de la loi, il entend mener une réflexion approfondie sur plusieurs des éléments proposés. Ainsi, «une rémunération qui reflète davantage l’effort et l’évolution professionnelle pourrait créer un gain d’attractivité et de rétention des meilleurs collaborateurs et collaboratrices, en particulier pour les fonctions stratégiques où le marché de l’emploi est très compétitif», souligne le CE.
Flexibilité des salaires: une (fausse) bonne idée?
Le syndicat fribourgeois livre une autre analyse. Une flexibilisation accrue du système de rémunération constituerait, selon lui, une véritable remise en cause de la rémunération des infirmiers et infirmières, des intervenants en protection de l’enfance ou encore des enseignants. En outre, un tel développement s’inscrirait dans une logique de «coupes claires dans le service public et parapublic».
Des travaux de réflexion doivent toutefois être menés au cours de l’année et impliquer les divers partenaires, dont les syndicats, sans quoi la loi ne pourra être modifiée. Le Grand Conseil est ainsi invité, par le CE, à accepter l’introduction de plus de flexibilité dans le système de rémunération, mais avec un délai de mise en œuvre fixé à la fin de la prochaine législature, soit en 2031.
PAFE...dans les soins
Mis en consultation d’avril à juin 2025, le Programme d’assainissement des finances de l'État (PAFE) avait suscité 108 prises de position et une forte mobilisation. Début juin, syndicats et professions clés – enseignants, soignants, forces de l’ordre – avaient
défilé dans les rues de Fribourg pour dénoncer ses effets. Pour les soignants, le plan était tout simplement incompatible avec l’initiative pour des soins infirmiers forts.
Le Conseil d’État a
finalisé son projet d’assainissement en septembre 2025. Si le plan initial prévoyait 500 millions d’économies en trois ans, il a finalement été ramené à 405 millions, certaines mesures très contestées – comme la «contribution de solidarité» imposée au personnel de l’État – ont notamment été abandonnées. En revanche, la stabilisation des prestations d’intérêt général (PIG) à l’HFR et la limitation de celles destinées au Réseau fribourgeois de santé mentale (RFSM) ont été confirmées.