Pour un nombre toujours plus important d’acteurs du secteur de la santé, une planification de chaque système hospitalier, canton par canton, est inefficace et coûteuse. Plusieurs interventions politiques appellent ainsi la Confédération à intervenir davantage dans la planification hospitalière.
Le Conseil fédéral vient toutefois de publier un rapport de nature à décevoir de nombreux politiciens. Il identifie certes un «potentiel d’amélioration», mais la Confédération préfère «soutenir» les cantons par des recommandations et «suivre» leur travail, plutôt que de prendre en main une planification hospitalière à l’échelle nationale.
Le Conseil fédéral estime bien qu’une «collaboration plus étroite au-delà des frontières cantonales est nécessaire», seul moyen de garantir des soins de santé de haute qualité à des coûts acceptables, mais souhaite en même temps que les cantons fassent eux-mêmes avancer «l’approche des régions de soins».
Il fait ainsi allusion aux récentes recommandations de la Conférence des directrices et directeurs cantonaux de la santé (CDS): cette dernière est en faveur d'une réorientation de leur planification hospitalière par les cantons et d'un regroupement des offres spécialisées.
Patrick Hässig: «Peu d'ambition»
Pour sa part, le conseiller national Patrick Hässig (PVL) estime que la Confédération a également besoin d’une planification hospitalière. S’il se réjouit de voir les cantons actifs, «ce qui manque toujours, c’est le caractère obligatoire». Qui s’assure que les résultats de ces analyses sont effectivement mis en œuvre dans les cantons et entre les cantons?, s’interroge-t-il. En outre, le calendrier de la CDS, qui s’étend jusqu’en 2031, manquerait, selon lui, d’ambition.
Prio Swiss plaide pour des hôpitaux plus spécialisés et moins nombreux
L’association de caisses-maladie Prio Swiss se prononce elle aussi en faveur d’une évolution de la planification hospitalière. Sa directrice, Saskia Schenker, déplorait hier au micro de la
«SRF» que, depuis plusieurs années, la majorité des hôpitaux suisses n’atteignent pas le volume de cas nécessaire pour les interventions complexes. Prio Swiss demande que les cantons concentrent ces prestations dans un nombre réduit d’hôpitaux, mais dans des établissements plus spécialisés.