On l'apprenait ce mardi: l’administration Trump ravive le débat sur les vaccins contre le Covid-19, l’Agence américaine du médicament (FDA) examinant de possibles décès signalés après vaccination, selon des informations transmises à l’AFP (
pour en savoir plus).
Hasard de calendrier, une étude française d’une ampleur inédite vient d’être publiée et offre un contrepoint clair: les vaccins à ARN messager contre le Covid-19 n’augmentent pas le risque de mortalité, toutes causes confondues, à moyen terme.
La protection contre les formes sévères de Covid-19 s'avère même élevée: la mortalité liée au SARS-CoV-2 apparaît réduite de 74% chez les vaccinés, avec une baisse drastique dans les premiers mois suivant l'injection. Ainsi l'étude
«confirme de nouveau l’efficacité de la vaccination contre les formes graves», affirme l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) dans un
communiqué.
Sécurité et efficacitée confirmée
Conduite par EPI-PHARE, groupement d’intérêt scientifique réunissant l'ANSM et la Caisse nationale d’assurance maladie, cette étude est la première au monde à évaluer la mortalité sur quatre ans après vaccination.
Proportion de décès attribuables au COVID-19 parmi l’ensemble des décès toute cause selon le statut vaccinal, par sous-périodes de 3 mois | Image: Rapport final étude EPI-PHARE
L'étude repose sur l'analyse d'un échantillon du Système national des données de santé et inclut:
- 22,7 millions de personnes adultes (18–59) vaccinées entre mai et octobre 2021,
- 5,9 millions de personnes adultes (18–59) non vaccinées au 1er novembre 2021,
- sur un suivi médian de 45 mois.
Au total, 98'429 décès toutes causes confondues ont été recensés parmi les vaccinés (0,4%), contre 32'662 chez les non-vaccinés (0,6%). Selon les auteurs, l’étude EPI-PHARE apporte ainsi «de nouvelles données robustes sur le profil de sécurité des vaccins à long terme».
Un résultat interpellant
Une autre observation a de quoi surprendre: les personnes ayant reçu au moins une dose de vaccin à ARNm présentent, dans l'étude, un taux de mortalité toutes causes confondues 25% inférieur à celui des non vaccinés.
Selon les chercheurs, cette diminution se constate également pour les principales causes de décès, telles que les maladies cardiovasculaires et les cancers. Reste que cette différence soulève des interrogations: pourrait-elle refléter un impact indirect des infections au Covid-19 sur le système cardiovasculaire, par exemple?
À noter toutefois: l’influence de facteurs confondants résiduels ne peut être écartée. Ainsi, les personnes vaccinées étaient, par exemple, «plus favorisées sur le plan socio-économique et ont probablement bénéficié d'une meilleure prise en charge médicale, variables insuffisamment prises en compte dans nos données», rappellent les auteurs.
Au-delà de toute preuve de causalité directe, ces résultats risquent bien de provoquer des remous parmi les vaccino-sceptiques.
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