La vaccination COVID, un allié inattendu contre le cancer?

Administré peu avant ou après le début d’une immunothérapie, un vaccin à ARNm pourrait prolonger la survie de patients atteints d’un cancer avancé du poumon ou de la peau. Présentée à l’ESMO 2025, cette approche suscite l’espoir d’un nouvel outil pour renforcer l’efficacité des traitements.

, 28 octobre 2025 à 23:30
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Image symbolique: Nappy sur Unsplash
Chez les patients atteints d’un cancer, ceux qui avaient reçu un vaccin à ARNm contre le COVID-19 dans les 100 jours suivant le début d’une immunothérapie ont présenté une survie significativement plus longue que les non-vaccinés. Ces résultats proviennent de nouvelles données dévoilées au congrès ESMO 2025 à Berlin.
Pour les chercheurs, le vaccin contre le COVID pourrait activer le système immunitaire de manière à renforcer également ses défenses contre le cancer. Le vaccin agit comme un «flare» non spécifique qui mobilise le système immunitaire, explique Elias Sayour, oncologue pédiatrique à l'Université de Floride et responsable de l'étude, dans un communiqué.

Un taux de survie deux fois plus important

Cette analyse rétrospective a porté sur les données de plus de 1'000 patients atteints d'un cancer du poumon avancé ou d'un mélanome métastatique.
Résultat:
  • En cas de cancer du poumon: le taux de survie médian s'est élevé à 37,3 mois après vaccination, contre 20,6 mois sans.
  • Dans le cas du mélanome: le taux de survie moyen se situait entre 30 et 40 mois après vaccination, contre 26,7 mois sans.
D'autres vaccins, tels que ceux contre les pneumocoques ou la grippe, ne présentaient pas d'effet comparable sur la survie.

Une nouvelle approche pour la lutte contre le cancer

Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives: «La portée est énorme – cela pourrait révolutionner l'ensemble du domaine des soins oncologiques», déclare Sayour. «Nous pourrions développer un vaccin encore plus efficace et non spécifique qui mobilise et recalibre la réponse immunitaire – en quelque sorte un vaccin universel contre le cancer, immédiatement utilisable pour tous les patients touchés par cette pathologie.»
Duane Mitchell, directeur de l'UF Clinical and Translational Science Institute, met également l'accent sur la portée de l'étude: «Bien qu'un lien de causalité n'ait pas encore été établi, c'est exactement le type d'effet thérapeutique que nous recherchons et que nous espérons obtenir.»
Ces résultats doivent désormais être confirmés dans le cadre d’un essai clinique randomisé. Une étude est d’ores et déjà prévue au sein du réseau de recherche clinique OneFlorida+, qui regroupe des centres médicaux de plusieurs États américains. Si l’effet observé se confirme, une simple injection d’ARNm pourrait, à terme, renforcer l’efficacité des immunothérapies et offrir aux patients atteints de cancer un gain de temps précieux.
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