Urgences: la taxe pour les «cas bénins» revient dans le débat

L'ASI, la voix des soins infirmiers, propose trois mesures alternatives à la taxe d'urgence de 50 francs.

, 10 janvier 2025 à 12:16
image
Arrivée au service des urgences de l'Hôpital Riviera-Chablais | Image: Hôpital Riviera-Chablais, Vaud Valais (HRC)
Les fêtes de fin d'année ont tenu le personnel des services d'urgence en haleine. Cela remet sur le tapis un vieux débat: l'instauration d'une taxe de 50 francs pour les cas bénins.
Ce sujet n'est pas nouveau, puisque l'initiative en ce sens a été déposée il y a plus de sept ans au Parlement fédéral. L'ancien conseiller national des Verts libéraux, Thomas Weibel, avait proposé, par le biais d'une initiative parlementaire, de créer un cadre légal imposant à tous les patients se rendant aux urgences d'un hôpital de payer une taxe sur place, par exemple de 50 francs. Les mineurs de moins de 16 ans ainsi que les patients adressés par un médecin ou nécessitant une hospitalisation ultérieure en seraient exemptés.
Le Parlement et ses commissions ont examiné cette question à plusieurs reprises. En septembre, le Conseil national a décidé de prolonger le délai d'examen jusqu'à la session d'automne 2026.
En décembre, le comité central de l'Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI) s'est prononcé sur ce sujet, exprimant son opposition à une taxe pour les cas bénins. Selon l'ASI, d'autres solutions seraient plus efficaces pour désengorger les urgences.
Concrètement, l'ASI propose:
  • Une analyse approfondie des causes du recours fréquent aux urgences ou pour des cas bénins. Toute mesure devrait être basée sur cette analyse.
  • L'étude de modèles de bonnes pratiques (best practices): par exemple, les hôpitaux qui gèrent, en complément de leurs services d'urgences, une polyclinique ou un cabinet de médecine générale pour orienter les cas bénins. L'ASI cite également le case management mis en place pour les patients réguliers (heavy users) aux urgences du CHUV.
  • Un renforcement des soins de base, incluant le développement des soins à domicile, des consultations chez les médecins généralistes, des visites à domicile et des soins palliatifs, des services tels que les conseils aux parents et une disponibilité 24h/24 du personnel soignant diplômé dans les institutions de long séjour, ainsi que la création de centres de santé et de polycliniques répondant aux besoins de la population, avec une équipe multiprofessionnelle adaptée.
  • politique
  • Services d'urgence
  • ASI/SBK
Partager l'article

Loading

Commentaire

Plus d'informations sur ce sujet

image

HFR: l’État compensera intégralement les surcoûts liés au multisite

Dans un climat de vives discussions sur les économies et la centralisation des soins, le Conseil d’État fribourgeois accepte de prendre en charge l’intégralité des surcoûts liés au modèle multisite de l’Hôpital fribourgeois.

image

Le Valais cherche son ou sa nouvelle médecin cantonale

Il était entré en fonction à l’âge de 61 ans: l’actuel médecin cantonal valaisan, Éric Masserey, fera bientôt valoir son droit à la retraite. L’État du Valais lance donc la recherche d'un successeur.

image

Pas d’obligation fédérale pour la médecine intégrative stationnaire

Le Conseil des États a rejeté une motion socialiste voulant obliger les cantons à proposer des offres de soins intégratifs en stationnaire: une telle obligation ne serait pas nécessaire.

image

Vaud: les coupes visant les hôpitaux et EMS entérinées au Grand Conseil

Après plusieurs heures de débat, les députés vaudois ont confirmé les coupes visant hôpitaux régionaux, pôles santé et EMS: malgré une offensive soutenue, la gauche n’est pas parvenue à inverser la tendance.

image

Maladies rares: une loi fédérale en consultation pour combler un vide de vingt ans

Soutenue par les organisations de patients, dont la fondation valaisanne MaRaVal, la future loi fédérale sur les maladies rares pourrait mettre fin à une longue période d’attentisme. Une consultation décisive s’est ouverte cet automne.

image

À Berne, des parlementaires demandent une enquête sur Epic

Face au manque de transparence du Conseil d’État sur les coûts et les risques liés à l’introduction du système Epic, plusieurs partis exigent désormais l’ouverture d’une enquête parlementaire.

Du même auteur

image

La taxe sur les bagatelles n'est plus une bagatelle

Lors de la prochaine session d’hiver, le Parlement ne se prononcera pas seulement sur une taxe pour les cas bénins, mais sur une taxe pour toutes les prises en charge aux urgences hospitalières sans recommandation médicale.

image

Proches aidants et professionnels des soins à domicile effectuent-ils le même travail?

Les caisses maladie demandent une adaptation du taux de cotisation LAMal pour les soins aux proches.

image

Initiative pour les soins: la Commission veut passer à la vitesse supérieure

La Commission de la santé du Conseil national se prononce en faveur d'une passerelle plus attrayante entre les écoles supérieures et les hautes écoles spécialisées.