Soins infirmiers: la commission freine une loi en attendant l'estimation des coûts

La nouvelle loi fédérale sur les conditions de travail dans les soins infirmiers voit son examen suspendu: la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national réclame des chiffres plus précis sur les coûts, tandis que l’ASI déplore un nouveau contretemps.

, 31 octobre 2025 à 18:16
image
Image symbolique: Olga Kononenko sur Unsplash
La Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national (CSSS-N) a décidé, vendredi, de suspendre l’examen de la loi fédérale sur les conditions de travail dans les soins infirmiers. Motif: les coûts supplémentaires restent difficiles à estimer et doivent faire l'objet d'estimations plus précises.

Une loi pour renforcer l’attractivité du métier

Porté par le Conseil fédéral, le projet de LCTSI vise à améliorer les conditions de travail du personnel infirmier et à réduire les départs précoces de la profession.
Le texte prévoit notamment:
  • une planification des services au moins quatre semaines à l’avance,
  • une réduction de la durée maximale hebdomadaire de travail de 50 à 45 heures,
  • une durée normale de travail comprise entre 40 et 42 heures,
  • et une meilleure compensation des heures supplémentaires, du travail dominical et des jours fériés.
Le projet introduit aussi l’obligation de négocier des conventions collectives de travail et prévoit des mesures pour encourager le développement professionnel. La loi sur les professions de la santé devrait ainsi définir le rôle d’infirmier de pratique avancée (IPA), permettant à ces spécialistes d’assumer davantage de responsabilités, notamment dans les soins de base – un enjeu jugé crucial dans un contexte de pénurie de médecins de premier recours.

Coûts supplémentaires, cas des proches aidants...

Malgré un soutien de principe à l’amélioration des conditions de travail, la CSSS-N estime ne pas disposer d’évaluations suffisamment précises des coûts supplémentaires qu’engendreraient les mesures proposées.
Les membres de la commission souhaitent également des informations claires sur l’application de la loi aux proches aidants employés par des organisations d’aide et de soins à domicile. Il reste ainsi à déterminer quelles dispositions de la LCTSI concerneront cette catégorie d'employés.
Par 11 voix contre 9 et 4 abstentions, la commission a donc chargé l’administration d’affiner ses calculs avant de poursuivre l’examen du projet. Celui-ci ne devrait reprendre qu'au prochain trimestre.
L’Association suisse des infirmiers et infirmières (ASI/SBK) s'est rapidement exprimée, déplorant cette décision: «Nous avons besoin de solutions immédiates pour que les soignants restent dans le métier. Cela passe nécessairement par de meilleures conditions de travail», indique l'association sur LinkedIn, rappelant qu'elle participera à la manifestation du 22 novembre à Berne en faveur d'une mise en œuvre rapide des mesures.
Partager l'article

Loading

Commentaire

Plus d'informations sur ce sujet

image
Contribution invitée de Guido Schommer

Plus de planification, moins de diversité? Les risques du plan en trois phases de la CDS

Les directeurs cantonaux de la santé veulent coordonner davantage la planification hospitalière. Mais cela risque de déboucher sur un exercice de planification qui désavantagerait les petits prestataires et pourrait mettre en danger les soins dans les régions périphériques.

image

Héros et héroïnes du quotidien: sept films poignants sur les soins

Ils visent à motiver, enthousiasmer et créer des liens dans le monde entier autour de la profession infirmière. Ces sept films courts proposent une incursion entre inspiration, réalité et pertinence sociale.

image

Soins aux proches: le Conseil des Etats accélère le mouvement

Malgré les critiques concernant la notion de «cas exceptionnels», le Conseil des États a approuvé une motion visant à réglementer davantage les soins aux proches.

image

HFR: l’État compensera intégralement les surcoûts liés au multisite

Dans un climat de vives discussions sur les économies et la centralisation des soins, le Conseil d’État fribourgeois accepte de prendre en charge l’intégralité des surcoûts liés au modèle multisite de l’Hôpital fribourgeois.

image

Le Valais cherche son ou sa nouvelle médecin cantonale

Il était entré en fonction à l’âge de 61 ans: l’actuel médecin cantonal valaisan, Éric Masserey, fera bientôt valoir son droit à la retraite. L’État du Valais lance donc la recherche d'un successeur.

image

Pas d’obligation fédérale pour la médecine intégrative stationnaire

Le Conseil des États a rejeté une motion socialiste voulant obliger les cantons à proposer des offres de soins intégratifs en stationnaire: une telle obligation ne serait pas nécessaire.

Du même auteur

image

La Société genevoise de pédiatrie réduit ses horaires de garde

Dès février 2026, les pédiatres de la Société genevoise de pédiatrie (SGP) assureront des gardes sur des plages horaires réduites. En cause: les nouveaux tarifs Tardoc.

image

HFR: Robin Martin nommé à la tête de la chirurgie orthopédique

Après douze années passées au CHUV, le spécialiste du genou rejoindra l'Hôpital fribourgeois en tant que médecin chef du Service de chirurgie orthopédique et traumatologie.

image

Gianni Saitta, nouveau directeur du Centre Hospitalier du Valais Romand

Gianni Saitta quittera l’État de Vaud pour rejoindre l’Hôpital du Valais romand. Il succédera, en mai 2026, à Chrystel Carrupt, directrice ad interim depuis le départ de Pierre-Alain Triverio.