Le Conseil d’État fribourgeois annonce, ce mercredi 11 février, la mise en consultation de son projet de rapport de planification hospitalière 2026. Ce document doit aboutir à la future liste des établissements hospitaliers, cantonaux et extracantonaux, auxquels seront attribuées des missions en soins somatiques aigus, réadaptation et psychiatrie.
Très attendu, le rapport concerne notamment trois nouvelles cliniques en projet – La Berra, Renaissance et Gruyère – qui espéraient obtenir des mandats cantonaux afin d’assurer certaines prestations, voire de pouvoir ouvrir leurs portes. La priorité affichée par le gouvernement fribourgeois, soit «l’économicité des prestations», compromet toutefois fortement leurs ambitions.
Pour établir sa planification, le canton s’appuie sur plusieurs projections démographiques à l’horizon 2035, les plus récentes datant du début 2025. Un appel d’offres a été lancé la même année, permettant d’analyser les dossiers déposés par les établissements candidats. D'autres cantons – Vaud, Berne, Neuchâtel, Valais, Genève et Jura – ont également été consultés.
Trois projets de cliniques inachevés
La Clinique La Berra, prévue pour ouvrir cette année à Marly, souhaitait offrir des prestations bilingues dans des domaines tels que l’orthopédie, l’ophtalmologie, la chirurgie viscérale et la médecine ambulatoire. Coût total de l’investissement: 28 millions de francs, pour un établissement de 37 lits.
Pour le Conseil d’État, le projet aboutirait toutefois à une surabondance d’offres dans certaines prestations. La Clinique La Berra n’a été jugée utile à la couverture des besoins qu’en urologie (sans titre de formation approfondie) ainsi que pour les reprises de prothèse de hanche et de genou. «Étant donné qu’il s’agit d’un projet de création d’un nouvel établissement et qu’une clinique ne pourrait fonctionner économiquement avec ces seules missions, ces mandats ne lui sont donc pas octroyés», conclut le gouvernement dans son
rapport. Le projet n’est dès lors pas retenu dans la liste.
Même constat pour les
cliniques Renaissance et Gruyère: leurs projets de réadaptation psychosomatique ne répondent pas à un besoin supplémentaire, les prestations étant déjà «très largement couvertes», souligne le canton dans son
communiqué.
L’HIB limité dans son extension
L’Hôpital intercantonal de la Broye, actif à Payerne (VD) et Estavayer-le-Lac (FR), avait quant à lui postulé pour un élargissement de ses prestations au paquet de base spécialisé et à la gériatrie aiguë. S’il estime que «ces prestations pourraient être utiles pour la population de la Broye fribourgeoise», le Conseil d’État se rallie néanmoins à la position du canton de Vaud: «il n’est pas pertinent d’octroyer ces mandats à l’HIB Estavayer pour des raisons d’économicité».
Mis en consultation durant trois mois, le rapport sera ensuite examiné par la Commission de planification sanitaire, puis transmis au Grand Conseil à titre consultatif avant adoption formelle par le Conseil d’État. Les établissements hospitaliers et les assureurs disposeront alors de 30 jours pour recourir auprès du Tribunal administratif fédéral contre la liste hospitalière. Sauf imprévu, la nouvelle planification devrait entrer en vigueur à l’automne prochain.