Cancer du sein: qui a vraiment mis fin aux programmes de dépistage?

La Société suisse de radiologie (SGR-SSR) répond aux critiques des caisses maladie – et appelle à développer les programmes de mammographie plutôt qu'à les démanteler.

, 18 juillet 2025 à 10:58
image
Programmes de dépistage du cancer du sein: cantons avec programmes (rose foncé), introduction prévue (rose clair), dépistage en dehors des programmes (gris) | Source / Graphique: Swisscancerscreening
La question du financement des mammographies de dépistage dans les différents cantons met clairement en lumière les lignes de fracture du nouveau système tarifaire: si les assureurs-maladie réduisent et adaptent les tarifs comme prévu, le risque de démantèlement dans certains domaines est élevé – un sujet qui donne lieu à de vives discussions autour de la culpabilité, de l’éthique et de la responsabilité.
Les sociétés de radiologie et celles de lutte contre le cancer ont notamment déploré la menace que fait peser le nouveau système sur le dépistage du cancer du sein: une baisse de près de 60% de l’indemnisation rendrait ces examens non rentables. Les caisses d’assurance-maladie ont essuyé de sévères critiques, car elles avaient résilié les contrats en cours ou les avaient déclarés arrivés à échéance.
Jeudi, l’association des caisses Prio.Swiss a pris la parole et exhorté les radiologues à «assumer leur responsabilité médicale» en adaptant leurs contrats – c’est-à-dire en poursuivant les offres de dépistage à des tarifs plus bas.

«Des baisses de tarifs préjudiciables»

La Société suisse de radiologie (SGR-SSR) s'inscrit à nouveau en faux: «Aucun fournisseur de prestations n'a jusqu'à présent résilié de son propre chef sa participation aux programmes», indique-t-elle dans une nouvelle prise de position. Elle affirme avoir mis en garde, en temps utile, contre le risque de compromettre les mammographies de dépistage en raison des baisses tarifaires. En tant que société de discipline médicale, elle précise ne pas avoir participé à la négociation de ces «baisses tarifaires dommageables» (dans les faits, ce sont la FMH, H+ et Prio.Swiss qui étaient assis à la table des négociations).
Ce ne seraient pas non plus les radiologues qui interrompent les programmes de dépistage: «Toutes les résiliations des programmes de dépistage – qui ont fait leurs preuves – ont été effectuées par les assureurs-maladie ou par les fournisseurs de programmes de mammographie eux-mêmes. Ce sont eux qui ont résilié les contrats en cours avec les prestataires de soins», précise la société, en faisant référence, notamment, aux instituts de radiologie intégrés par contrat.

Développer plutôt que démanteler

La SGR-SSR laisse en outre entendre que les sociétés de discipline médicale ont été insuffisamment prises en compte dans le processus de négociation du TARDOC – un reproche que la FMCH formule elle aussi, avec une fermeté croissante. Ces sociétés auraient été «consultées à très court terme» et n’auraient pu formuler que de simples «souhaits». La SGR-SSR elle-même aurait déposé plus de 50 demandes de modification avant la fin avril: «Mais à ce moment-là, les tarifs avaient déjà été négociés et soumis à approbation. Par ailleurs, il n'était possible de soumettre que des souhaits de modification concernant la structure des tarifs, et non le montant de ceux-ci.»
La SGR-SSR appelle désormais les politiques et les assureurs à corriger le tir afin de préserver les programmes de dépistage par mammographie. Il serait «urgent de développer les programmes de dépistage existants plutôt que de les démanteler. Les développements actuels sont sans précédent et inquiétants sur les plans médical et éthique. Le cancer du sein reste la première cause de mortalité oncologique chez les femmes. Le maintien et le renforcement de ces programmes doivent donc être une priorité pour les politiques de santé et les responsables de la santé publique.»
Partager l'article

Loading

Commentaire

Plus d'informations sur ce sujet

image

Virage numérique: la Confédération ouvre la voie aux apps santé sur ordonnance

À partir de juillet 2026, les caisses maladie suisses prendront en charge, pour la première fois, des applications numériques. Concrètement, il s’agira de solutions destinées au traitement de la dépression, pouvant être prescrites en complément ou en amont d'une psychothérapie.

image

Expertises AI: une mission délaissée par les hôpitaux

Malgré leur potentiel lucratif, les expertises pour l’assurance-invalidité peinent à séduire les hôpitaux du pays. Décryptage.

image

La Confédération surveillera les coûts de la santé

Dans un mois, la Commission fédérale de monitorage des coûts et de la qualité (CFCQ) entrera en fonction. Son objectif: freiner les coûts dans l’assurance obligatoire des soins.

image

Médicament éprouvé, nouvel espoir contre les métastases du cancer du sein

Le glucocorticoïde dexaméthasone est déjà utilisé en oncologie pour atténuer les effets secondaires de la chimiothérapie. Des chercheurs bâlois révèlent qu'il pourrait également inhiber la croissance des métastases ER+ résistantes au traitement.

image

Prio.Swiss: Felix Gutzwiller est son propre successeur

Cet été, l'association des caisses maladie était encore à la recherche d'un nouveau président. Aujourd'hui, elle prolonge la présidence de Felix Gutzwiller pour une durée indéterminée.

image

Procédure de fixation tarifaire: Physioswiss réagit à l'échec des négociations

Faute d'accord avec Tarifsuisse, HSK et CSS, Physioswiss appelle à la mise en place de valeurs de point contraignantes, qu'il appartient désormais aux cantons de fixer.

Du même auteur

image

Les soins infirmiers restent le secteur le plus en pénurie

Il n’y a guère de domaine recherchant autant de personnel que celui de la santé. Le nouveau Jobradar le confirme: la hausse du nombre de postes vacants se concentre dans les soins infirmiers, où la pénurie se rapproche d’un nouveau record.

image

Accusation de traitement tardif: deux neurochirurgiens acquittés

Accusés d’une prise en charge tardive après un infarctus cérébral, deux anciens neurochirurgiens de l’Hôpital cantonal de Saint-Gall ont été acquittés par le tribunal.

image

Réorganisation à l’ISFM – mais des délais d’attente toujours longs

L’Institut suisse pour la formation médicale postgraduée et continue se sépare de son directeur, Jörg Gröbli. Malgré une augmentation des effectifs et un soutien informatique renforcé, le délai de traitement des titres reste d’environ douze mois.