L’entrée en vigueur, au 1er janvier 2026, du nouveau système tarifaire Tardoc commence à produire ses premiers effets concrets sur l’organisation des soins. À Genève, la Société genevoise de pédiatrie (SGP) a décidé de réduire les horaires de prise en charge des urgences non vitales, contestant des conditions tarifaires jugées insuffisantes, rapporte la
«Tribune de Genève».
En cause: la disparition, dans le nouveau catalogue, de la rémunération spécifique pour les gardes du matin et du soir, notamment les samedis et jours fériés. Concrètement, un pédiatre assurant une garde un samedi soir est désormais payé comme s’il travaillait un jour de semaine en matinée.
«Nous ne pouvons plus garantir le service à la population dans des conditions décentes et en rémunérant convenablement les pédiatres et leurs assistantes. Nous avons donc dû restreindre notre offre, alors que c’est un service rendu à la population», expliquent Martine Bideau et Jean-Yves Corajod, coprésidents de la SGP, interrogés par «La Tribune de Genève».
Les gardes du weekend, qui débutaient généralement tôt le matin et étaient assurées par des médecins sur une base volontaire jusqu'à 22h, voient ainsi leurs horaires réduits de midi à 19h. Sont touchés: le Centre médical Eaux-Vives et La Tour à Meyrin.
Assistera-t-on à un report vers les services d’urgences hospitaliers, en particulier ceux des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), déjà fortement sollicités pour la prise en charge des situations vitales? Un engorgement supplémentaire irait à l’encontre de la logique de hiérarchisation des soins et de désengorgement des urgences, régulièrement mise en avant par les autorités sanitaires.
Le dossier des gardes pédiatriques s’inscrit en outre dans un climat tendu autour de la rémunération des urgences. L’indemnité spécifique fait l’objet d’un litige: l’an dernier, plusieurs assureurs ont réclamé aux centres d’urgence la restitution de montants perçus au cours des dernières années, estimant que certaines facturations n’étaient pas conformes.