«Prise en charge tardive / hésitante»: tel est le reproche central au cœur d’un procès dont rend compte le «St. Galler Tagblatt». Deux anciens neurochirurgiens de l’Hôpital cantonal de Saint-Gall (KSSG) comparaissaient devant le tribunal d’arrondissement. En face : le ministère public ainsi qu’un informaticien qui, depuis un infarctus cérébral en mai 2016, n’est aujourd’hui plus en mesure de travailler.
En avril 2016, une IRM cérébrale avait révélé chez le patient une dilatation chronique du système ventriculaire. En accord avec l’un des médecins mis en cause, l’homme avait été adressé à l’Hôpital cantonal de Saint-Gall pour y subir une intervention mini-invasive. Il s’était toutefois présenté le soir même aux urgences du KSSG. Là, le second médecin l’avait examiné avant de le laisser sortir.
Trois jours plus tard, le patient s’est effondré à son domicile. Il a été opéré deux jours plus tard au KSSG, sans que l’on parvienne à obtenir un écoulement suffisant du liquide céphalorachidien. Les médecins ont finalement renoncé à la pose d’un drainage temporaire ou d’un shunt ventriculo-péritonéal.
Le personnel soignant ayant constaté une agitation du patient, les médecins ont alors envisagé une tomodensitométrie cérébrale. L’examen a toutefois été retardé, selon l’accusation. Il n’a finalement été réalisé qu’environ cinq heures après le signalement de l’aggravation de l’état du patient par le personnel infirmier.
«Une ou plusieurs erreurs ont été commises»
Pour la défense, il est «choquant» que les médecins qui ont sauvé la vie de la victime en l’opérant soient désormais appelés à répondre de leurs actes devant la justice.
Le ministère public avait auparavant classé la procédure à deux reprises, si bien que l’affaire n’a été portée devant le tribunal que peu avant l’expiration du délai de prescription. Le plaignant s’était toutefois opposé avec succès à ces classements.
L’accusation a requis une peine pécuniaire de 90 jours-amende à 410 francs pour le médecin-chef et de 75 jours-amende à 230 francs pour le médecin-assistant.
Le tribunal a toutefois acquitté les deux médecins. Ceux-ci n’avaient pas pu empêcher l’infarctus cérébral, a estimé la juge. Il n’en demeure pas moins que, selon le tribunal, «une ou plusieurs erreurs ont été commises à l’Hôpital cantonal».