Urgences: la taxe pour les cas bénins gagne du terrain

Les patients se rendant aux urgences hospitalières pourraient bientôt devoir payer un supplément de 50 francs sur leur quote-part. La commission de la santé du Conseil national soutient désormais cette mesure controversée.

, 13 avril 2025 à 22:00
image
Nombre annuel de cas dans les services d'urgences et proportion de cas bénins | Source/graphique: Helsana
Le sujet est récurrent. En septembre 2017, Thomas Weibel, alors conseiller national Vert’libéral, déposait une initiative parlementaire visant à instaurer une taxe pour toute personne se rendant aux urgences d’un hôpital – par exemple 50 francs. Depuis, le Parlement et ses commissions ont débattu à plusieurs reprises de cette proposition.
C’est une fois de plus le cas. À l’issue d’une consultation, la Commission de la santé du Conseil national s’est prononcée vendredi en faveur de la poursuite de l’idée. Le résultat du vote a toutefois été très serré: 13 voix contre 12.
Concrètement, la commission a soutenu la version la plus stricte des variantes soumises. Selon celle-ci, les assurés devront s’acquitter d’un supplément de 50 francs sur la quote-part à chaque visite aux urgences hospitalières – et ce, indépendamment du montant déjà payé, dès que la franchise annuelle sera atteinte. Une autre variante, plus modérée, proposait d’augmenter de 50 francs le plafond annuel de la quote-part pour chaque passage aux urgences. Elle est désormais soumise au Conseil national en tant que proposition minoritaire.

C'est aux cantons de décider

Les femmes enceintes et les enfants seraient exclus de cette nouvelle réglementation, tout comme les personnes orientées vers les urgences par un médecin, un service de télémédecine ou une pharmacie.
En amont, de nombreuses voix s’étaient élevées pour mettre en garde contre une complexité administrative excessive. Mais plusieurs cantons plaident pour une augmentation ciblée de la participation aux coûts, espérant ainsi créer un effet dissuasif et désengorger les services d’urgences hospitalières. La commission du Conseil national entend désormais leur ouvrir la voie. En effet, il appartiendra aux cantons de décider s’ils souhaitent introduire une telle «taxe bagatelle».
Le Conseil fédéral pourra ensuite prendre position avant que le projet ne soit débattu en plénière par le Conseil national.
  • «Les cas bénins sont importants pour le système d'urgence». Pour l’Hôpital universitaire de Bâle, les urgences légères ne sont pas seulement inévitables: elles jouent un rôle clé, notamment comme terrain d’apprentissage pour les futurs médecins.

  • services d’urgence
  • Cas bénins
Partager l'article

Loading

Commentaire

Plus d'informations sur ce sujet

image

La Société genevoise de pédiatrie réduit ses horaires de garde

Dès février 2026, les pédiatres de la Société genevoise de pédiatrie (SGP) assureront des gardes sur des plages horaires réduites. En cause: les nouveaux tarifs Tardoc.

image

«Certains médecins passent une grande partie de leur temps à établir des garanties de prise en charge»

Dans une interview accordée à CH Media, Arnaud Perrier, président de l’ASSM, appelle à rendre les médecins plus facilement joignables en dehors des heures de bureau, à adapter la formation médicale aux besoins réels et à réformer le système de contrôle des caisses maladie.

image

Urgences: pourquoi l'idée d'une taxe ne convainc pas – et ce qu'en disent les spécialistes

Alors que doivent débuter les débats au Conseil national, les médecins urgentistes mettent à nouveau en garde contre l'idée d'une «taxe pour les cas bénins». Ils proposent quatre alternatives concrètes.

image

Genève: nouvelle centrale pour mieux orienter les patients

En cas de problème médical pressant, les Genevois peuvent désormais appeler le 0800 116 117 pour être orientés vers la structure la plus adaptée, qu’il s’agisse d’une pharmacie, d’un médecin de garde ou d’un service d’urgence hospitalier.

image

Urgences sous tension: la télémédecine, une solution?

Une nouvelle étude le confirme: la Kids Line détourne une large part des cas mineurs des urgences pédiatriques.

image

Viège: deux femmes médecins reconnues coupables d’homicide par négligence

Le Tribunal de district condamne une urgentiste et une radiologue après le décès d’un pharmacien en 2020.

Du même auteur

image

Classement des hôpitaux suisses: au sommet, tout se joue de peu

Le palmarès international des hôpitaux de «Newsweek» dresse également un portrait de la Suisse: 25 institutions helvétiques intègrent l'édition 2026 des «World's Best Hospitals».

image

Epic: à Zurich, la facture bernoise fait bondir les élus

Les montants dévoilés par le groupe Insel font parler jusqu'à Zurich. Inquiets, des élus de presque tous les partis appellent à faire toute la lumière sur les coûts d’introduction du système Epic à l’Hôpital universitaire et à l’Hôpital pédiatrique.

image

«World's Best Hospitals 2026»: Genève rejoint le top 20 mondial

Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) réalisent une progression spectaculaire dans le classement établi par Newsweek et Statista. D’autres établissements suisses, dont l’Hôpital de l'Île et Hirslanden Zurich, enregistrent également une évolution positive.