Les médecins de famille bernois appelés à prendre en charge les urgences psychiques

Les généralistes du canton de Berne s'inquiètent de voir leurs interventions devenir plus stressantes: ils devront bientôt remplacer les psychiatres de garde.

, 22 octobre 2025 à 23:00
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Image: Hôpital de l'Île, Berne
À partir de février 2026, seuls les médecins de famille interviendront en cas d’urgence psychique dans la région de Berne. Jusqu’à présent, ces interventions relevaient des psychiatres.
Les médecins de famille ne cachent pas leur inquiétude. Corinne Sydler, présidente de l’Association des médecins de famille et de l’enfance du canton de Berne, s’est exprimée dans le journal régional Berne Fribourg Valais de la «radio SRF»: «Lorsqu’un médecin de famille sait qu’il risque d’être confronté à une situation psychiatrique exceptionnelle pendant son service, et qu’il devra peut-être prendre une décision de placement à des fins d’assistance, cela constitue un facteur de stress supplémentaire.»
Certes, les médecins de famille sont formés, mais ils ne sont pas spécialistes des maladies psychiques. Dans des situations d’urgence et de tension, ils se retrouvent donc fortement sous pression – pression à laquelle s’ajoute parfois celle de la police. Ils manquent aussi d’expérience face à ce type de situations. De plus, la responsabilité d’hospitaliser quelqu’un contre son gré est loin d’être anodine.

Ne plus tourner en rond dans la nuit

Les psychiatres, en revanche, se disent soulagés: «C'est une lourde charge pour tous les collègues que de devoir se déplacer sur place», explique Patrick Weihs, président de la Société bernoise de psychiatrie et de psychothérapie, à la SRF. Jusqu’à présent, les psychiatres devaient fréquemment parcourir de longues distances – parfois de nuit – pour se rendre chez leurs patients. Dans de tels cas, ces spécialistes, déjà en nombre insuffisant, n’étaient pas employés de manière optimale.
Selon eux, il est préférable que les psychiatres se concentrent sur l’évaluation et le traitement des patients dans leurs cabinets. Les patients devraient, dans la mesure du possible, être amenés sur place avec l’aide de leurs proches, de la police ou des ambulanciers.
Les Services psychiatriques universitaires de Berne (SPU) souhaitent désormais analyser la situation et trouver, avec l’ensemble des parties prenantes, une solution à long terme.
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