Une équipe de chercheurs de l'université Johns Hopkins a étudié la manière dont la position du bras affecte les résultats des mesures de pression artérielle. En effet, même si les lignes directrices sont claires, il arrive souvent dans la vie quotidienne que les patients aient le bras posé sur leurs genoux ou qu'il pende sur le côté – plutôt qu'il soit posé sur un support solide avec la partie supérieure du bras à hauteur du cœur.
Pourtant, ces postures «alternatives» entraînent une surestimation systématique de la tension artérielle. L'étude menée par Tammy M. Brady, Hairong Liu et al. a révélé que la pression artérielle systolique était surestimée d'environ 3,9 mmHg lorsque le bras était posé sur les genoux. Lorsque le bras pendait sur le côté sans être soutenu, cette valeur dépassait d'environ 6,5 mmHg la valeur exacte.
Ces écarts s'avéraient parfois encore plus importants, notamment chez les personnes déjà sujettes à l'hypertension. Chez ces personnes, un mauvais positionnement du bras entraînait des valeurs jusqu'à 9 mmHg plus élevées.
- Hairong Liu, Di Zhao, Ahmed Sabit, Chathurangi Pathiravasan, Junichi Ishigami, Jeanne Charleston, Edgar R. Miller, Kunihiro Matsushita, Lawrence Appel, Tammy Brady: «Arm Position and Blood Pressure Readings. The ARMS Crossover Randomized Clinical Trial», in: «JAMA Internal Medicine», octobre 2024.
- doi:10.1001/jamainternmed.2024.5213
Dans la pratique clinique courante, il est donc probable que certaines personnes soient régulièrement traitées pour hypertension de grade 1 ou 2, bien qu'elles ne remplissent pas les critères (ou qu'elles appartiennent plutôt à un groupe moins sensible).
Jusqu'à 133 adultes âgés de 18 à 80 ans ont été recrutés pour cette étude; chacun des participants se voyait attribuer un brassard de tension artérielle adapté à la circonférence de son bras. Les chercheurs ont ensuite effectué des mesures successives en positionnant le bras de trois manières différentes. Ces mesures ont toutes été réalisées dans un environnement calme.
Analyses menées par l'équipe de Johns Hopkins Medicine. De gauche à droite: positionnement du bras correct, incorrect, incorrect. | Image: Johns Hopkins Medicine.
Après chaque relevé effectué dans une position « incorrecte », une mesure supplémentaire était effectuée en positionnant le bras du patient sur une table afin de comparer les résultats.
«Cet essai clinique croisé randomisé montre l'influence considérable de la position du bras sur les mesures de tension artérielle», concluent ainsi les médecins de Johns-Hopkins: «bien que la marge d'erreur sur la tension artérielle systolique avec le bras appuyé sur les genoux ait été moindre qu'avec le bras non appuyé sur le côté (environ 4 mmHg contre environ 7 mmHg), les valeurs de tension artérielle dans les deux positions étaient suffisamment élevées pour susciter des inquiétudes quant à un surdiagnostic et un surtraitement. Ces résultats étaient cohérents et encore plus extrêmes chez les personnes à risque.»