Quelques chiffres en disent parfois plus que de longs discours. S'agissant des soins apportés aux proches, le salaire horaire des aidants se situe entre 32 et 38 francs. En revanche, le coût global de leur engagement, encadrement compris, n’est pas détaillé avec la même précision.
Le financement de ce dispositif repose sur trois sources:
- l’assurance obligatoire des soins (AOS);
- le financement résiduel assumé par la commune de résidence;
- et la participation des patients.
Au total, ces contributions additionnées atteignent 82,91 francs par heure.
Ces données proviennent du canton de Zurich. La conseillère aux États Flavia Wasserfallen (PS) les a mentionnés lors du débat sur les soins aux proches: «Comme vous le voyez, le salaire horaire de 32 à 38 francs est compensé par un financement total de 82,91 francs».
Cet exemple illustre les raisons pour lesquelles le Parlement fédéral s’est une nouvelle fois saisi de la question des soins aux proches. En octobre 2025, le Conseil fédéral avait publié un
rapport très attendu sur le sujet. Il était censé apporter des réponses. Il a surtout suscité des déceptions sous la Coupole.
Un constat partagé par tous les membres du Conseil des États. Pourtant, dans son rapport du 15 octobre, le gouvernement reconnaît que les coûts des soins dispensés par des proches sont inférieurs à ceux des services d’aide et de soins à domicile traditionnels. Il se garde toutefois d'en tirer certaines conséquences, renonçant à réduire les contributions de l'AOS dans le domaine des soins de base.
Le Conseil des États a approuvé ces deux motions à l'unanimité:
Lors des débats, le conseiller aux États centriste Erich Ettlin, élu du canton d'Obwald, s'est montré particulièrement critique: «Une réduction appropriée et fondée sur les coûts du taux de contribution LAMal est absolument nécessaire pour garantir l’économicité des prestations de soins.»
Une telle adaptation permettrait selon lui d'éviter que certaines organisations ne réalisent des bénéfices injustifiés aux dépens de l’assurance sociale – soit, in fine, des payeurs de primes.
Sur le principe, le Conseil fédéral reconnaît lui aussi la nécessité d'agir. Mais il renvoie une part de la responsabilité aux cantons. Une lecture que ne partage pas la conseillère aux États bernoise Flavia Wasserfallen: «Au sein du Conseil des États, nous voyons les choses différemment. Selon nous, le Conseil fédéral se doit d'agir.»
Traduit de l'allemand par Jehanne Picard