Le Conseil des États veut assouplir l’importation de génériques

La Chambre des cantons a approuvé une motion visant à faciliter l’importation parallèle de médicaments génériques. Les partisans de la mesure évoquent un potentiel d’économies de plusieurs centaines de millions de francs.

, 2 mars 2026 à 23:00
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Mauro Poggia | Capture d'écran: www.parlament.ch
Le Conseil des États a donné son feu vert à l’importation parallèle de médicaments génériques. Par 26 voix contre 15, la Chambre des cantons a ainsi soutenu la motion du conseiller aux États Mauro Poggia (Mouvement Citoyens Genevois).
Lundi 2 mars, en fin d’après-midi, la conseillère fédérale socialiste Elisabeth Baume-Schneider a toutefois rappelé que ce type d’importation est déjà autorisé en Suisse, mais uniquement dans des circonstances exceptionnelles et pour des raisons médicales – non économiques.
Or, c’est précisément sur ce point que porte la motion: pour Mauro Poggia, qui siège avec le groupe UDC au Conseil des États, la priorité est d’ordre financier. Selon lui, une ouverture plus large à l’importation parallèle de génériques pourrait permettre d’économiser jusqu’à 500 millions de francs.
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Elisabeth Baume-Schneider met en garde contre d'éventuels risques pour la sécurité de l'approvisionnement.
Elisabeth Baume-Schneider a toutefois rejoint le motionnaire sur un point: la hausse du prix des médicaments constitue un véritable défi pour la population suisse. «Il existe un réel potentiel du côté des génériques, qui sont souvent moins chers à l’étranger», a-t-elle relevé.
La conseillère fédérale a néanmoins mis en garde contre certains effets indésirables. Garantir l’approvisionnement du marché suisse demeure essentiel. Autoriser les professionnels de santé à importer eux-mêmes des génériques pourrait en effet réduire l’incitation pour les fabricants à solliciter une autorisation de mise sur le marché en Suisse, voire conduire au retrait de certains produits – un scénario qui serait, selon elle, contre-productif.
La question reste toutefois en suspens: le Conseil national doit encore se prononcer sur la motion.
Traduit de l'allemand par Jehanne Picard
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