Les pigments ne pénètrent pas seulement dans la peau, mais s'accumulent également dans les ganglions lymphatiques, où ils affectent les cellules immunitaires pendant des mois.
Une étude de l’Institut de recherche en biomédecine (IRB) de Bellinzone démontre à présent que l’encre de tatouage provoque une inflammation chronique, entraîne une mort cellulaire et modifie la réponse des anticorps aux vaccins.
Inflammation chronique
Le groupe de recherche dirigé par Santiago F. González a documenté une réaction immunitaire en deux phases: une inflammation locale aiguë durant les deux premiers jours suivant la piqûre, puis une phase chronique pouvant durer des années.
«La phase chronique est particulièrement préoccupante, car elle affaiblit le système immunitaire à long terme et pourrait ainsi augmenter la vulnérabilité aux infections et au cancerUn point particulièrement critique : les macrophages ne peuvent pas dégrader l’encre et meurent en absorbant les pigments, surtout dans le cas des encres rouges et noires. Cela entraîne un cycle continu de réabsorption, de mort cellulaire et d’inflammation persistante, qui perturbe le système immunitaire.
», soulignent les chercheurs dans un communiqué de presse.
À gauche: représentation schématique du déplacement de l'encre de tatouage de la peau aux vaisseaux lymphatiques. Au milieu : accumulation de pigments rouges et noirs dans les ganglions lymphatiques 24 heures après le tatouage. À droite: accumulation de particules d'encre rouge et noire dans les macrophages humains. Le noyau cellulaire est marqué en bleu foncé. Image: DR
Point particulièrement critique: les macrophages ne peuvent pas dégrader l’encre et meurent en absorbant les pigments, surtout dans le cas des encres rouges et noires. Cela entraîne un cycle continu de réabsorption, de mort cellulaire et d’inflammation persistante, qui perturbe le système immunitaire.
Une réponse vaccinale affaiblie
Autre constatation centrale: les souris tatouées produisaient significativement moins d’anticorps après vaccination. Les cellules immunitaires humaines préalablement exposées à l’encre de tatouage ont également montré une réponse affaiblie.
Selon les chercheurs, ces résultats soulèvent de sérieuses inquiétudes quant à la sécurité des tatouages. D’autres études devront déterminer si l’inflammation chronique induite par l’encre influence également d’autres maladies, comme le cancer ou les maladies auto-immunes.