L’intelligence artificielle ne se limite plus à quelques projets pilotes isolés (ou à une utilisation privée ponctuelle de ChatGPT) dans les hôpitaux, les cliniques et les cabinets médicaux. En 2026, elle ne sera plus considérée comme un simple objet d’expérimentation technique. Elle s’imposera plutôt comme une composante à part entière de la structure opérationnelle, tant dans l’administration et la documentation que dans l’utilisation clinique.
En bref, l’IA sera utilisée dans un nombre croissant de domaines du secteur de la santé. Et elle prendra une dimension stratégique.
C'est la conclusion principale d'une enquête menée par le magazine spécialisé «Chief Healthcare Executive» auprès d'experts sélectionnés. Concrètement, le média américain a interrogé 26 spécialistes issus de cliniques, d'entreprises technologiques, de compagnies d'assurance et de cabinets de conseil sur leurs perspectives en matière d'IA pour l'année 2026.
Principale conclusion: si 2025 a été l’année des solutions isolées, 2026 verra l’intelligence artificielle s’imposer comme pilier central des établissements de santé.
À tous les niveaux, on pourrait par exemple recourir à ce que l’on appelle l’«ambient listening» dans la documentation – l’une des prévisions les plus fréquemment évoquées par les experts. Cela ferait de l’IA un élément encore plus intégré au traitement du dossier électronique du patient. Elle deviendrait également la norme dans les processus administratifs – jusqu’à générer des réponses juridiques sophistiquées lorsque les assurances refusent une garantie de prise en charge.
«En 2026, l'IA deviendra le moteur décisif de l'empathie. Les clients devienant de plus en plus conscients des coûts et une forme de lassitude de l'automatisation s'installant, les solutions qui réussiront ne seront pas celles qui se contentent d'automatiser, mais celles qui reconnaissent quand une personne a besoin de compassion, de clarté ou de soutien humain» — Nicole Rogas, présidente de la société de traitement de données RevSpring.
Thème récurrent dans les déclarations d'experts interrogés: l'espoir que l'IA permette d'accroître l'efficacité, de réduire les coûts et de libérer du temps pour les patients, tant pour le personnel soignant que pour les médecins. Mais bon nombre d'experts soulignent un autre aspect: en 2026, l'acceptation de l'IA dans le milieu clinique et les applications centrées sur le patient devraient clairement progresser.
Les outils permettant de prévoir les risques, d’aider au diagnostic, ainsi que ceux contribuant à la prévention et au suivi devraient gagner en importance. On peut également s’attendre à une demande accrue, de la part des patients, pour des services de santé personnalisés basés sur l’IA.
«Orchestrateurs IA»
Enfin, l’importance croissante de structures de données robustes et d’une gouvernance claire est mise en avant. Les hôpitaux devront recourir davantage à des modèles spécialisés plutôt qu’à des LLM génériques tels que ChatGPT. L’orchestration des données assistée par l’IA et la mise à disposition de vues uniformisées des données passeront au premier plan.
Certaines estimations vont même au-delà des attentes habituelles. Ainsi, certains experts prédisent que l’IA sera de plus en plus utilisée comme outil d’empathie en 2026: l’association de l’automatisation et de la compréhension du contexte permettrait d’apporter des réponses sensibles et adaptées à chaque situation du quotidien clinique.
Plus futuriste encore semble être l’idée que des «orchestrateurs IA» contrôleront, hiérarchiseront et coordonneront les processus cliniques plus efficacement que les planificateurs actuels.
L'IA dans le secteur de la santé: perspectives pour 2026
- De l’expérimentation à la norme: 2026 marquera l’arrivée de l’IA comme outil global dans le secteur de la santé. L’époque des projets pilotes et de niche est révolue.
- Focus sur les résultats mesurables et la valeur économique: les établissements de santé exigeront des preuves claires d’impact et des données fiables sur la rentabilité des investissements, et pas seulement de l’innovation technologique.
- Mise en œuvre centrée sur l’humain: l’IA ne remplacera pas, mais soutiendra et soulagera, afin de réduire la charge de travail, d’aider à la décision et d’améliorer la qualité des soins.
- Données et gouvernance renforcées: sans stratégie de données robuste ni gouvernance claire, l’IA restera fragmentée – c’est précisément ce qui sera au centre des efforts en 2026.
- Partenariats et spécialisation: les fournisseurs d’IA dotés d’une forte expertise sectorielle seront privilégiés; les outils génériques, comme ChatGPT, perdront en influence.