Vous vivez en Suède et souhaitez recourir à un agoniste du récepteur GLP-1 pour perdre du poids? Vous devrez en assumer vous-même le coût. L’autorité nationale chargée de l’évaluation des médicaments, la TLV, a en effet décidé d’exclure Wegovy de la liste des traitements pris en charge par le système public dans l’indication de l’obésité.
L’agence invoque avant tout des arguments économiques. Elle redoute notamment un phénomène de «subventionsglidning». Autrement dit, si elles venaient à être remboursé, ces injections destinées à la perte de poids pourraient, à terme, être utilisées bien plus largement que ne le prévoient les critères initiaux.
En clair, même si le remboursement ne concernait au départ qu’un groupe de patients strictement défini, les autorités s’attendent à un élargissement progressif des prescriptions. Selon la TLV, une telle évolution pourrait entraîner une hausse massive des coûts et peser lourdement sur les finances publiques.
Le laboratoire danois Novo Nordisk, fabricant de Wegovy, avait pourtant soumis une demande de remboursement ciblé, limitée à un groupe de patients à haut risque: les personnes souffrant d’obésité sévère et de maladies concomitantes.
Or, même dans ce cas, l’agence suédoise Tandvårds- och läkemedelsförmånsverket (TLV) a émis des réserves. Certes, souligne-t-elle, il ne fait guère de doute que le médicament favorise une perte de poids significative. Toutefois, précise-t-elle, celui-ci étant conçu pour être pris sur une longue durée, les coûts potentiels pour le système de santé pourraient être colossaux.
Cette décision risque de créer un débat bien au-delà des frontières suédoises. Les traitements contre l’obésité fondés sur le GLP-1 sont considérés comme une percée médicale et enregistrent une forte demande dans l’ensemble des pays industrialisés. En parallèle, les inquiétudes grandissent quant à la capacité des systèmes de santé publics à absorber les coûts qu'une consommation massive pourrait engendrer.
Traduit et adapté de l'allemand par Jehanne Picard