Anesthésistes: l’IA, une alliée lors des consultations?

Moins de clics, moins d’écran: selon une étude menée à l’Hôpital universitaire de Zurich, la documentation assistée par intelligence artificielle permet aux médecins de gagner du temps… tout en renforçant le contact avec leurs patients.

, 4 mars 2026 à 09:18
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Le dispositif suit l'interaction, mais n'est pas au centre: entretien entre un anesthésiste et sa patiente dans le cadre de l'étude par simulation | Image: (Rahrisch et al, 2026)
L’intelligence artificielle pourrait bientôt s’inviter dans les consultations d’anesthésie. C’est du moins ce que laisse entrevoir une étude par simulation menée à l’Hôpital universitaire de Zurich. Trente anesthésistes de tous âges et de tous niveaux d’expérience se sont prêtés à l’exercice. Face à des patients simulés, ils ont mené deux consultations préanesthésiques: une première fois sans assistance technologique, puis avec le système de documentation et de rédaction de rapports «Isaac» développé par la société Saipient.
À l’issue de la consultation, «Isaac» a automatiquement généré un projet de rapport médical synthétisant les échanges. Les praticiens du groupe témoin, en revanche, rédigeaient eux-mêmes leur documentation. Verdict: l’étude zurichoise confirme les résultats déjà observés ailleurs. Le soutien de l’intelligence artificielle permettrait d'accroître l’efficacité.
  • La durée moyenne de consultation était inférieure de 18% (environ 4 minutes) à celle de la documentation manuelle.
  • Dans l’ensemble, les anesthésistes ont nettement moins consulté leur ordinateur: le temps passé à regarder l’écran a diminué de 78%, le nombre de frappes au clavier a chuté de 87% et le nombre de clics de souris a reculé de 19%. Un temps économisé au profit de leurs patients.
  • Interrogés sur le ressenti de leur charge de travail, les participants évoquent une amélioration. Leurs réponses demeurent toutefois nuancées et parfois prudentes.
  • Plus largement, les participants rapportent une communication plus fluide et de meilleure qualité avec les patients.
  • Enfin, près de deux anesthésistes sur trois (60%) affirment qu'ils préféreraient bénéficier d'une assistance par intelligence artificielle lors de leurs consultations.
Les auteurs ont alors confié les rapports à l’évaluation de neuf anesthésistes externes du groupe Hirslanden. Résultat: les documents rédigés manuellement l'emportaient en termes de clarté et de structuration, mettant en lumière le «facteur humain». En revanche, la précision, l'exhaustivité et la cohérence étaient comparables entre les versions manuelle et assistée par intelligence artificielle.
Dans leur conclusion, Arend Rahrisch, Julia Braun, Michael T. Ganter et leurs coauteurs soulignent que l’IA permet de gagner du temps et de réduire la charge documentaire, mais qu'une vérification médicale reste indispensable pour garantir une qualité clinique irréprochable. Les étapes de contrôle et d’approbation, bien que nécessaires, risquent donc de limiter ce gain d’efficacité.
Traduit de l'allemand par Jehanne Picard
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