Nouvelle attaque contre les médecines complémentaires

La médecine complémentaire est une nouvelle fois sur le banc des accusés. Une étude genevoise révèle toutefois que les patients qui y ont recours n’entraînent pas de surcoûts au-delà des premières années.

, 6 mars 2026 à 11:15
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Image: Peter Mammitzsch / Unsplash
Philipp Nantermod ne cache pas son scepticisme à l'égard des médecines complémentaires. Le conseiller national PLR déplore régulièrement leur prise en charge obligatoire par l’assurance de base.
L’élu du Bas-Valais demande ainsi le déremboursement de l’homéopathie et d’autres traitements dont l’efficacité n’est pas prouvée. Sa motion devrait être examinée lors de la session de printemps.

Débarras

«Ce n’est pas le rôle des assurances sociales d’approuver, ni encore moins de financer, toutes les convictions individuelles», soutient Nantermod. À ses yeux, le catalogue des prestations de l’assurance de base s’est alourdi au point qu’un sérieux tri s’impose.
Le conseiller s'est exprimé en des termes tout aussi tranchés dans une autre motion. Il y demandait une liberté de choix pour les payeurs de primes: toute personne renonçant volontairement à la couverture des prestations de médecine complémentaire devrait bénéficier d'une réduction de prime. Le Conseil des États a toutefois balayé sa proposition, sans discussion, lors de la session d'été 2025.

Nouvelle tentative

Nantermod signe ainsi une nouvelle offensive contre les traitements qu’il juge «sans efficacité prouvée». Le Conseil fédéral recommande toutefois, une fois encore, de rejeter la motion, comme il l’avait déjà fait lors de ses précédentes tentatives.
Dans son avis, il rappelle en substance que l’assurance-maladie obligatoire ne couvre pas de prestations dont l’efficacité n’aurait pas été démontrée. À défaut de preuve scientifique, ces traitements ne figureraient tout simplement pas dans le catalogue des prestations.

L'argument du coût ne tient pas

L’association des médecines complémentaires, Dakomed, entre à son tour dans la discussion. Dans un communiqué, elle cite une étude publiée en janvier 2026 par la Faculté de médecine de l'Université de Genève et les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), présentant de nouvelles données empiriques sur le rôle de la médecine complémentaire dans le système de santé suisse.
Selon cette analyse, si les coûts sont d'abord plus élevés chez les patients ayant recours à ces thérapies en complément de la médecine conventionnelle, ils se normalisent toutefois avec le temps.
Traduit et adapté de l'allemand par Jehanne Picard
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