En février 2016, le Valais devenait le tout premier canton de Suisse romande à mettre en place une «boîte à bébés», et le huitième canton à travers le pays. Celle-ci, installée à l'hôpital de Sion, n'a depuis jamais été utilisée.
Le principe est simple: un parent en détresse peut, par une fenêtre donnant sur l'intérieur du bâtiment hospitalier, déposer anonymement un nourrisson dans un berceau. Une alarme se déclenche trois minutes plus tard, et le personnel hospitalier intervient pour prendre en charge l'enfant.
Amorcé au sein du Grand Conseil, le projet valaisan de «boîte à bébés» était présenté comme une disposition supplémentaire pour faire face aux «16 % de grossesses à risque psychosocial», comme le mentionnait la
«RTS» dans son reportage de février 2016. Principe moteur: faire primer le sauvetage d'une vie sur les aspects juridiques, notamment face au risque d'infanticide par des parents en situation d'extrême détresse.
En septembre 2002, un premier enfant était déposé dans une boîte à bébés à Einsiedeln, dans le canton de Schwyz. Depuis lors, huit autres dispositifs ont vu le jour à Berne, Bâle, Olten (SO), Zollikerberg (ZH), Davos (GR), Bellinzone (TI), avant de s’implanter à Sion. Deux décennies plus tard, la
«RTS» rapportait que 26 nouveau-nés avaient été confiés et pris en charge dans l’un de ces établissements suisses.
Toujours unique en Suisse romande
À ce jour, le dispositif mis en place par l'Hôpital du Valais à Sion reste le seul en Suisse romande et n'a encore jamais été utilisé. «Certains pourraient le voir comme un échec. C’est tout le contraire», commente Juan Llor, chef du Service de pédiatrie à l’Hôpital du Valais, pour
«Le Nouvelliste». Il nuance: «Cela démontre l’efficacité de notre réseau de périnatalité, qui offre aux futures mamans une prise en charge globale avec un accompagnement adapté jusqu’à l’après-naissance.»
Ailleurs en Suisse, la moitié des mères ayant déposé leur enfant se sont par la suite manifestées, et plusieurs d'entre elles ont même récupéré leur nourrisson, précisait la RTS en 2021. En effet, les parents disposent de trois mois pour se manifester. Passé ce délai, l'enfant est remis à l’Autorité de protection de l’enfant et de l’adulte (APEA) afin d'entamer une procédure d'adoption.
Enfin, en 2016, l'Hôpital du Valais a également instauré un dispositif d'accouchement confidentiel, offrant aux mères la possibilité de donner naissance anonymement tout en bénéficiant d’un suivi médical et psychologique complet.