HUG: ouverture d’une consultation dédiée au chemsex

Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) proposent désormais une consulation multidisciplinaire dédiée à l’usage de substances psychoactives lors de rapports sexuels. L'offre est remboursée par l'assurance maladie.

, 15 janvier 2026 à 23:30
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Le chemsex désigne l’usage de substances psychoactives dans un contexte sexuel Image: DR.
Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) viennent d’ouvrir, au Service des maladies infectieuses, une consultation dédiée au chemsex.
L'offre s’adresse à toute personne qui questionne sa consommation de substances lors de rapports sexuels, ainsi qu’à leurs proches, indiquent les HUG dans un communqué.

Un enjeu de santé publique

Selon Matteo Reymond, médecin responsable de la consultation, le chemsex constitue «un enjeu de santé publique clairement identifié, pour l’instant peu dépisté ou pris en soins». C'est pourquoi les HUG souhaitent construire «un réseau de soin multidisciplinaire» et une prise en charge personnalisée, complétant ainsi l'offre proposée par le Checkpoint Genève depuis 2019.
Le chemsex implique l'utilisation de substances comme le GBL/GHB, la methamphétamine («Cristal meth», «Tina»), et les cathinones (2-3-4MMC). On estime que 6–10% des personnes ayant cette pratique consomment des substances par injection intraveineuse.
Environ 15% des hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes pratiquent le chemsex, avec un âge médian d’environ 35 ans. Par extrapolation, 1'500 à 4'000 personnes pourraient être concernées dans le canton de Genève.
Les personnes qui pratiquent le chemsex sont exposées à plusieurs risques:
  • Surdosages de substances
  • Addiction aux substances, mais également au sexe et usage problématique des applications de rencontre
  • Infections sexuellement transmissibles ou par contact avec le sang (VIH, syphilis, gonorrhée, chlamydia, hépatites virales)
  • Complications liées à l’injection ou à d’autres modes de consommation de substances
  • Impact sur la sexualité (diminution de la libido à l’état sobre, perte d’appétence pour la sexualité sans substances)
  • Risque de violences sexuelles
La peur d’être jugées et incomprises empêcherait les personnes concernées à consulter et retarderait ainsi leur prise en charge. C'est pourquoi les HUG souhaient proposer un accompagnement individualisé qui peut comprendre une consultation infirmière de réduction des risques liés à la consommation de substances, une consultation de sexologie ou encore des consultations d’addictologie.
Selon le communiqué, cette consultation est remboursée dans les prestations de base de l’assurance maladie (LAMal) sous déduction de la franchise et de la participation (10% des frais à charge jusqu’à un maximum de 700 CHF par année). Une évaluation sociale est possible en cas de difficultés financières ou liées à l’accès à une assurance maladie.
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