Depuis juillet 2022, date d’entrée en vigueur du modèle de prescription en psychothérapie psychologique, les coûts liés à ces prestations ont augmenté d’environ 130 millions de francs par an. Concrètement, ils sont passés de 528 millions de francs en 2021 à 922 millions de francs en 2024.
Pour le conseiller national valaisan Philippe Nantermod (PLR), une telle évolution n’est pas concevable dans un système déjà soumis à une forte pression.
Il demande donc, par une motion, que la psychothérapie psychologique soit à nouveau retirée du catalogue des prestations de l’assurance obligatoire des soins (AOS).
Psychothérapie et soins dentaires: même panier?
L’avocat valaisan ne souhaite certes pas remettre en question la pertinence clinique de la psychothérapie, mais il appelle à clarifier une question précise: les prestations psychothérapeutiques doivent-elles continuer à être financées par l’ensemble des payeurs de primes, conformément au principe de solidarité, ou les coûts pourraient-ils être supportés autrement?
Ainsi, à l’instar des traitements dentaires, les psychothérapies pourraient, selon lui, être prises en charge par d’autres types d'assurance, telles que les assurances complémentaires, l’assurance-accidents, l’assurance-invalidité ou l’assurance militaire, selon les cas.
L'avis du Conseil fédéral
Sans surprise, le Conseil fédéral a rejeté l’intervention du parlementaire PLR. Dans une prise de position du 11 février 2026, il souligne que la nouvelle réglementation de la psychothérapie psychologique dans le cadre de l’AOS doit permettre d’améliorer la prise en charge des personnes atteintes de troubles psychiques.
D’une part, elle doit accroître le nombre de prestataires et faciliter l’accès à la psychothérapie. D’autre part, l’ensemble du dispositif de soins doit être renforcé, notamment dans les situations de crise et d’urgence.
Efficacité, adéquation, économicité
En outre, le Conseil fédéral rappelle que la réglementation en vigueur contient déjà plusieurs mesures visant à empêcher une augmentation injustifiée des volumes et des coûts. Citons notamment les restrictions en matière de prescription, la limitation du nombre de séances par ordonnance et l’obligation, après 30 séances, de faire évaluer la prise en charge des coûts par l’assureur-maladie, en tenant compte de l’avis d’un psychiatre.
La loi retient comme critères déterminants l’efficacité, l’adéquation et l’économicité (critères EAE) des prestations remboursées. Celles-ci sont d’ailleurs régulièrement examinées dans le cadre d’évaluations des technologies de la santé (HTA), rappelle le Conseil fédéral.
Traduit de l'allemand par Jehanne Picard