Ce sont des chiffres alarmants: les incivilités envers le personnel hospitalier valaisan ont bondi de 68 pour cent en deux ans.
Face à cette hausse préoccupante, l’Hôpital du Valais lance une campagne et une directive de
«tolérance zéro» à l’égard des agressions, insultes et comportements irrespectueux,
indique l’institution dans un communiqué.
Les cas recensés seraient passés de 193 en 2023 à 244 en 2024, et déjà 207 à la mi-août 2025. Ces incivilités iraient des insultes et menaces aux gestes déplacés, en passant par des atteintes à la personnalité ou la diffusion non autorisée d’images sur les réseaux sociaux.
Protéger les collaborateurs
L’hôpital, qui compte plus de 6200 collaboratrices et collaborateurs, s’est doté d’une directive institutionnelle afin de protéger son personnel, de dissuader les comportements hostiles et de rappeler qu’aucune agression ne restera sans suite.
La directive s'appuie sur le droit suisse, qui garantit l’intégrité physique, psychique et sexuelle ainsi que le respect du droit à l'image et à l'honneur. «Notre rôle d’employeur est de protéger celles et ceux qui œuvrent chaque jour au service de la population», souligne Pascal Strupler, président du Conseil d’administration.
Image: Hôpital du Valais.
Parallèlement, une formation en ligne sera proposée au personnel du Valais romand afin d’identifier les situations à risque et d’adopter des stratégies de prévention. Au Centre Hospitalier du Haut-Valais (SZO), des formations à la désescalade existent déjà depuis plusieurs années.
Un lien intranet permettra de documenter plus efficacement les incidents. L’Hôpital du Valais met également à disposition un soutien psychologique et juridique pour les victimes.
«Une situation absurde»
Invité de l'émission Forum sur la RTS, le directeur général de l’Hôpital du Valais, Éric Bonvin, a reconnu qu’il est «difficile de trouver une cause précise» à la hausse des incivilités.
Selon lui, cette tendance reflète un climat social et sociétal tendu qui dépasse le cadre hospitalier: «Cela rend le travail des soignants extrêmement difficile et conduit à une situation absurde: les gens viennent pour se faire soigner, mais la qualité des relations s’en trouve fortement péjorée.»
Puis d'ajouter: «Notre démarche est un appel à un sursaut citoyen pour davantage de respect du personnel soignant. La tonalité de cette campagne se veut préventive et conviviale».
«L’Hôpital du Valais a constaté une hausse de 68% des incivilités en deux ans: interview d’Eric Bonvin», Forum, RTS, 8 octobre 2025. Durée: 4 minutes.