Le Grand Conseil vaudois a adopté ce mardi un projet de décret accordant au Conseil d’État deux crédits d’investissement atteignant près de 67 millions de francs. Le premier, d'un montant de 55,86 millions, doit financer la construction d'un nouveau bâtiment sur le site de Cery, à Prilly, afin d'y accueillir l'Institut de radiophysique (IRA) et le Laboratoire suisse d'analyse du dopage (LAD). Le second, d'un montant de 11 millions, doit quant à lui couvrir l’achat des équipements de pointe nécessaires aux deux institutions.
Objectif: reloger deux entités aujourd’hui « invisibilisées » dans des locaux vétustes, loués et bientôt démolis ou profondément rénovés, peut-on lire dans le
projet de décret. L’État y voit notamment l’opportunité de créer une infrastructure énergétique «exemplaire». En outre, «Cery était le seul site disponible permettant la construction d’un bunker», précise
Rebecca Ruiz, conseillère d’État, en réponse aux questions sur les contraintes techniques liées aux activités radiologiques de l’IRA.
Un vote largement positif malgré une critique isolée
La discussion n’aura été émaillée que d'une seule voix critique, celle du député PLR Guy Gaudard, dénonçant une «valse aux centaines de millions» et regrettant l’absence d’investissements équivalents dans le logement. La majorité du Grand Conseil a toutefois soutenu l’importance stratégique du projet, Ruiz rappelant son poids «à l’échelle fédérale» et pour la «place sportive» vaudoise, notamment grâce au rôle central du LAD, seul laboratoire antidopage accrédité par l’Agence mondiale antidopage en Suisse.
Fondé en 1990 et intégré au Centre universitaire romand de médecine légale, le LAD analyse les échantillons prélevés lors des contrôles nationaux et internationaux. L’IRA, de son côté, concentre sous une même entité une palette de compétences allant de la physique médicale à la radioprotection, en passant par la radiochimie et la radioécologie. Ses effectifs ont presque doublé en vingt ans, sous l'effet des obligations légales et de l'essor des activités cliniques et de recherche. Quant aux craintes de dépassements budgétaires, Ruiz s'est voulue rassurante: «Nous avons en réalité très peu de dépassements dans les constructions mises en place par le CHUV.»