Un concept de «portes ouvertes» en psychiatrie

La plupart des patients ne souhaitent pas être traités dans des espaces clos, même en cas de crise aiguë. C'est ce que révèle une enquête menée au sein des cliniques universitaires de psychiatrie de Bâle.

, 22 octobre 2025 à 11:46
dernière mise à jour le 7 janvier 2026 à 08:15
image
Les concepts thérapeutiques modernes misent sur l'ouverture, la relation et l'autodétermination plutôt que sur la contrainte et l'isolement | Image réalisée par IA: Adobe Stock.
Des chercheurs des cliniques psychiatriques universitaires (UPK) de Bâle ont, pour la première fois, exploré de manière systématique le ressenti des patients vis-à-vis des espaces ouverts ou fermés.
Pour cette étude, l’équipe de recherche dirigée par Timur Liwinski et Undine Lang a analysé les remarques d’environ 600 anciens patients.
Les résultats sont sans équivoque:
  • 64% des répondants considèrent les unités ouvertes comme «très importantes».
  • Plus de 70% rejettent l’idée d’un traitement volontaire dans des services fermés.
Deux grands thèmes se dégagent des réponses libres:
  • «Restriction et institutionnalisation», marquées par un sentiment d’enfermement, de perte de contrôle et d’isolement.
  • «Autonomie et autodétermination», associées au désir de liberté et d’accès à l’extérieur.

Une thérapie fondée sur la confiance mutuelle

Le concept des «portes ouvertes» est bien plus qu’une simple question d’architecture, souligne l’UPK dans un communiqué. Il s’agit avant tout d’une approche thérapeutique basée sur la confiance et la participation active. «Une thérapie fondée sur la confiance mutuelle», résume Timur Liwinski, premier auteur de l’étude.
L’UPK de Bâle est considérée en Suisse comme pionnière de l’approche des portes ouvertes. Ce concept a été introduit il y a déjà dix ans, sous la direction d’Undine Lang.
Pour son engagement, l’UPK a reçu le Prix Innovation Qualité, une distinction qui récompense les projets améliorant la qualité des soins dans le système de santé suisse.
Liwinski insiste sur un point essentiel: lors de la mise en œuvre de modèles ouverts, les cliniques doivent veiller à disposer des ressources humaines et structurelles nécessaires, afin d’assurer la sécurité et le respect de la dignité des patients.
Enfin, les résultats de l’étude soulignent que les traitements psychiatriques sont perçus comme plus efficaces par les patients lorsqu’ils reposent sur l’autodétermination, la confiance et la participation.

Mesures limitatives de liberté: net recul en pédopsychiatrie. Isolement, immobilisation, médication forcée: longtemps considérées comme inévitables dans certains contextes psychiatriques, ces pratiques sont en recul chez les enfants et adolescents, selon le dernier rapport de l’ANQ. Un tournant jugé positif pour la prise en charge des jeunes patients.

Partager l'article

Loading

Commentaire

Plus d'informations sur ce sujet

image

Suicide: miser sur la recherche pour améliorer la prévention

Un passage à l’acte est parfois précédé d'un SMS, d'un appel, ou d'une lettre. Une étude romande explore aujourd’hui ces signaux afin de mieux comprendre la crise suicidaire et d’affiner les stratégies de prévention.

image

Cystites à répétition: la composition de l’urine en cause

Une urine concentrée fragilise les tissus de la vessie, favorisant la réapparition d'infections même après un traitement antibiotique. C'est ce que démontre une équipe de l'EPFL grâce à une mini-vessie combinant technologie des organoïdes et bio-ingénierie.

image

Des modèles d'IA capables d'expliquer leurs résultats et de rendre visibles leurs limites

La HES-SO Valais-Wallis développe MSxplain, un outil d’intelligence artificielle misant sur la transparence, destiné à alléger le travail du corps médical et à améliorer la prise en charge des patients atteints de sclérose en plaques.

image

En 2024, un senior sur cinq renonçait à au moins un soin pour des raisons financières

En Suisse, le renoncement aux soins chez les seniors demeure préoccupant: une récente étude met en lumière des inégalités qui se creusent, notamment en fonction du revenu.

image

Diagnostiquer une tumeur cérébrale sans biopsie

Une analyse d’ADN tumoral dans le liquide céphalorachidien pourrait permettre de classifier les principales tumeurs cérébrales chez l’enfant. Une avancée soutenue par l’IA, qui pourrait réduire les biopsies invasives.

image

Personnels soignants en sous effectif: patients exposés

Plusieurs études menées dans les pays anglo-saxons, tout comme une analyse de Michael Simon, de l'Université de Bâle, démontrent sans équivoque que plus la dotation en personnel est élevée, plus la sécurité des patients s'améliore.

Du même auteur

image

Hémorragie à l’accouchement: un nouvel outil pour identifier les patientes à risque

Des chercheurs de l'Université de Lausanne et du CHUV ont développé un modèle qui permet d’identifier précocement les femmes à haut risque de décès liées aux hémorragies du post-partum.

image

Cancer du col de l’utérus: vers des dépistages moins fréquents?

Chez les femmes vaccinées tôt contre le papillomavirus, la fréquence des dépistages pourrait être revue à la baisse. Selon une étude menée en Norvège, deux à trois examens au cours de la vie pourraient suffire.

image

Un test sanguin pour détecter encore plus tôt les infarctus

Un nouveau test de troponine hautement sensible sera commercialisé en Suisse au printemps 2026. Il doit permettre d'accélérer considérablement le diagnostic d'un infarctus.