Graves brûlures: les femmes présentent un risque de septicémie plus élevé

Des bactéries qui pénètrent dans la circulation sanguine après une brûlure étendue peuvent entraîner des complications potentiellement mortelles. Les femmes y sont nettement plus exposées que les hommes.

, 2 mars 2026 à 07:01
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Image symbolique: Polina Tankilevitch
Lors de brûlures sévères, la barrière cutanée est détruite sur de larges surfaces. Des bactéries peuvent alors passer dans le sang et provoquer une bactériémie, susceptible d’évoluer vers une septicémie.
Une étude financée par le Fonds national suisse (FNS) montre désormais que les femmes développent significativement plus souvent une bactériémie que les hommes après une brûlure grave.
  • Nicole J.M. Schweizer, Thomas C. Scheier, Philipp K. Buehler, et al.: «Impact of sex on the development of bacteremia in critically ill burn patients: A retrospective cohort study», dans: «Burns», mars 2026. DOI: 10.1016/j.burns.2025.107845
Les chercheurs ont analysé les données de 269 patientes et patients traités entre 2017 et 2021 au centre des grands brûlés de l’Université de Zurich. Chez près d’un quart d’entre eux, des bactéries ont été détectées dans le sang entre cinq et treize jours après l’admission. Les femmes étaient presque deux fois plus souvent concernées que les hommes.
«Ce résultat nous a quelque peu surpris», déclare Silvio Brugger, médecin-chef à la Clinique des maladies infectieuses et de l’hygiène hospitalière à l’Hôpital universitaire de Zurich, dans un communiqué. «En effet, les infections du sang sont généralement moins fréquentes chez les femmes.»

Les œstrogènes pourraient jouer un rôle

Dans la cohorte zurichoise, les chercheurs n’ont pas observé de différences concernant les agents pathogènes identifiés: dans les deux groupes, il s’agissait principalement de bactéries issues du microbiome cutané et buccal, qui ne provoquent habituellement pas d’infection invasive lorsque la barrière cutanée est intacte.
Parmi les hypothèses avancées figurent des modifications hormonales après une brûlure sévère ainsi que des différences dans la réponse immunitaire. Des analyses complémentaires portant sur les taux hormonaux et la composition du microbiome sont prévues.
«Il est possible que les brûlures modifient le métabolisme hormonal, ce qui affaiblit alors la réponse immunitaire.» Silvio Brugger, USZ.
Malgré les protocoles antibiotiques standardisés et la prise en charge en soins intensifs, les infections du sang restent une complication majeure chez les grands brûlés. Les données actuelles permettent d’identifier des groupes potentiellement à risque, sans toutefois établir de mécanisme causal.
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