Le 24 novembre 2024, le financement uniforme des prestations ambulatoires et hospitalières a été adopté. À partir de 2028, les cantons et les caisses d’assurance-maladie paieront conjointement selon la même clé de répartition. Cette réforme était attendue depuis longtemps. L’ancien système créait des incitations absurdes et erronées:
- L'État payait la moitié pour le stationnaire et rien pour l'ambulatoire, il voulait donc plus d'ambulatoire.
- Les assureurs ne payaient que la moitié pour les soins hospitaliers stationnaires, ils voulaient donc plus de soins hospitaliers.
- Nous, les prestataires de soins, recevons ce que l'État autorise. Ni plus, ni moins.
Avec l’arrivée d’EFAS, on entend corriger ces dysfonctionnements. Très bien.
Mais voici le problème dont personne ne parle: les tarifs ambulatoires sont beaucoup trop bas. Récemment, la NZZ a publié un article avec la directrice de l'association des assureurs. Question: les tarifs ambulatoires couvrent-ils les coûts? Réponse: Oui, tout va bien.
Ce n'est tout simplement pas vrai.
Patrick Vavken est orthopédiste à l’Alphaclinic de Zurich et à la clinique Adus, spécialisé dans la chirurgie de l’épaule et du coude. Il est également le fondateur de Vavken Health Labs, un think tank dédié à l’amélioration du système de santé à tous les niveaux – de l’initiative individuelle à l’innovation systémique.
J’ai travaillé sur cette question dans le cadre de mon mémoire de master. Les médecins souhaiteraient exercer davantage en ambulatoire, et les patients préfèrent rentrer chez eux. Mais si l’on a le choix: une heure rémunérée 10 francs ou une heure rémunérée 3 francs, avec 4 francs de frais fixes?
On privilégie ce qui est politiquement bien accueilli
Mais cela va s’améliorer, dit-on. Notre nouveau tarif ambulatoire (qui consiste en réalité en deux tarifs concurrents) comporte un «impératif de neutralité des coûts». Cela signifie que jusqu'au 31.12.2028, tout est gelé à +/- 1%. Espérons que l'inflation reste faible! C'est le problème classique: on regarde ce qui est politiquement bien accueilli. Personne ne demande l’avis de ceux qui en supportent les conséquences – les prestataires de soins et les patients. Quelqu’un se souvient-il de la grande «success story» du DEP, le dossier électronique du patient?
Il manque surtout l’infrastructure nécessaire au suivi des 12 à 24 premières heures. Et la pénurie de médecins de famille n’est qu’un problème parmi d’autres. Dans le canton de Zurich, un médecin de famille sur trois a plus de 63 ans. Augmenter le nombre de places d’études en médecine à partir de l’année prochaine n’y changera pas grand-chose à court terme.
Aux États-Unis, ils ont «résolu» le problème avec l’OxyContin. Résultat: une crise des opioïdes. En Allemagne, le phénomène se développe de plus en plus avec le fentanyl. Pourrions-nous, une bonne fois pour toutes, éviter en Suisse de reproduire ce qui ne fonctionne déjà pas dans le «grand canton»?
Une plus grande ambulantisation est attendue depuis longtemps. Mais sans tarifs couvrant les coûts (incitation pour les prestataires) et sans infrastructure de suivi (incitation pour les patients), cela ne fonctionnera pas. Mot-clé: DEP. On compare des pommes et des poires, puis on s’étonne que la corbeille de fruits ne soit pas à la hauteur.
Au lieu de se rapprocher pour trouver des solutions, l’affaire se retrouve désormais devant les tribunaux. Est-ce vraiment la voie vers un avenir productif et fondé sur la confiance? S'il faut appliquer la loi, autant le faire librement, comme le prône l'article 1 du code de la route allemand: la participation exige de l'indulgence, de la circonspection et de la considération.
Pourquoi ne pas résoudre les problèmes ensemble plutôt que d'en créer de nouveaux les uns contre les autres?
- La FMCH bloque les nouveaux forfaits ambulatoires. Par un recours déposé auprès du Tribunal administratif fédéral, les médecins spécialistes s’opposent à la nouvelle structure tarifaire. L’entrée en vigueur de douze forfaits pourrait être retardée.