Le top 5 des recommendations de la Société Suisse des Céphalées

Retrait des amalgames, chirurgie… La Société suisse des céphalées revient sur certaines pratiques courantes dans le traitement des maux de tête et formule ses recommandations pour un recours plus mesuré à certaines interventions.

, 6 février 2026 à 10:24
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Image symbolique: Unplash Ivan Aleksic / Unsplash
L'organisation à but non lucratif Smarter Medicine s'engage pour un recours plus ciblé aux interventions médicales, notamment en publiant des listes de recommandations établies par les associations médicales ou les organisations de professionnels de la santé.
Sa dernière publication en date s'appuie sur les préconisations de la Société suisse des céphalées.
1) Ne pas répéter l’imagerie cérébrale si le phénotype des céphalées n’a pas changé
Nombreux sont les patients souffrant de céphalées chroniques qui, par crainte d’une cause grave, sollicitent à plusieurs reprises le même examen d’imagerie. Plusieurs études ont toutefois montré qu’en l’absence de nouveaux symptômes, la répétition d’une IRM n’apporte aucune information diagnostique supplémentaire pertinente. L’effet rassurant qu’elle procure demeure généralement de courte durée. D’un point de vue à la fois médical et économique, la répétition de cet examen n'a donc que peu de pertinence, à l'exception de l’apparition ou de la modification des symptômes, qui imposent alors une réévaluation individualisée.
2) Pas de tomodensitométrie du crâne pour le diagnostic des céphalées non aiguës
L’imagerie n’est utile que lorsque l’anamnèse et l’examen clinique ne permettent pas d’identifier clairement une céphalée primaire. En cas de céphalées non aiguës, le scanner comme l’IRM ne révèlent généralement aucune anomalie. Plusieurs éléments plaident toutefois en faveur de l’IRM: elle permet de détecter davantage de pathologies intracrâniennes que le scanner et n’expose pas aux rayonnements ionisants. Dans l’ensemble, l’indication doit donc être posée avec prudence en présence de céphalées non aiguës.
3) Pas d’extraction dentaire pour traiter une algie de la face idiopathique persistante
La douleur faciale idiopathique persistante survient quotidiennement, sans limites claires ni lien apparent avec un territoire nerveux périphérique précis. Un bilan diagnostique approfondi ne permet pas non plus d’identifier une cause dentaire. Malgré l’absence de données probantes quant à un éventuel bénéfice thérapeutique, une extraction dentaire reste fréquemment pratiquée. Elle ne peut toutefois être recommandée lorsque les dents sont saines.
4) Pas de chirurgie de la migraine
La chirurgie de la migraine comprend des interventions irréversibles et destructrices portant sur les muscles, les nerfs ou les vaisseaux, fondées sur l’hypothèse controversée de la présence de points déclencheurs. Si certaines études font état d’effets bénéfiques, ces résultats demeurent toutefois très contestés sur le plan méthodologique. Il n’existe, par ailleurs, aucune preuve concluante indiquant que ces points déclenchent des crises de migraine, et la qualité des données disponibles est jugée insuffisante. Ce procédé chirurgical ne peut donc être recommandé.
5) Pas de retrait des amalgames pour le traitement des maux de tête
Les amalgames dentaires contiennent du mercure, un élément toxique dont l’utilisation fait depuis longtemps débat. Si une exposition chronique au mercure peut provoquer des maux de tête, la concentration de cet élément dans l’organisme dépend surtout de facteurs environnementaux. Chez les personnes porteuses d’amalgames, les taux de mercure ne sont généralement pas préoccupants pour la santé. Un lien entre amalgames et maux de tête reste donc à démontrer, et le retrait des amalgames n’est pas recommandé dans ce cadre.
Traduit de l'allemand par Jehanne Picard
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