Un ancien chirurgien bernois a été reconnu coupable de plusieurs tentatives de lésions corporelles graves par le tribunal régional de Berne-Mittelland. L’homme, âgé de 78 ans, a été condamné à une peine de 17 mois de prison avec sursis, assortie d’un délai d’épreuve de deux ans, rapporte la
«SRF». Il devra en outre s’acquitter des frais de procédure ainsi que verser une indemnité pour tort moral à l’une des parties civiles. Le jugement n’est toutefois pas encore définitif.
Entre 2011 et 2013, le chirurgien avait implanté chez sept patients du Salem-Spital de Berne une prothèse discale de type Cadisc-L. Selon l’accusation, il ne les aurait pas suffisamment informés des alternatives thérapeutiques ni des risques spécifiques liés à cet implant.
La prothèse a finalement été retirée du marché en 2014 en raison de graves défauts. Là encore, le chirurgien aurait décidé de ne pas en informer ses patients et n’aurait organisé aucun contrôle ultérieur. Les sept interventions se sont soldées par des échecs, entraînant des atteintes à la colonne vertébrale.
Le tribunal a retenu que le chirurgien avait participé au développement et à la commercialisation de la prothèse et qu’il en connaissait les risques. Il aurait néanmoins laissé ses patients dans l’ignorance, privilégiant ses intérêts personnels au détriment de leur sécurité. De son côté, la défense a contesté ces conclusions et plaidé l’acquittement.
«La décision du tribunal sera examinée»
À l’annonce du verdict, Sarah Schläppi, avocate du chirurgien, n’a pas caché sa déception. «Nous prenons connaissance, avec regret, de ce verdict», a-t-elle déclaré. Tout en respectant la décision, «nous ne partageons cependant pas l’appréciation juridique du tribunal». Après une procédure de sept ans et une audience particulièrement intense en janvier 2026, il semblerait que tous les éléments juridiques pertinents aient été exposés.
Le jugement écrit ne serait toutefois pas encore disponible. Celui-ci devra désormais être examiné attentivement avant de décider, avec ses avocats, de la démarche à suivre. En particulier, la possibilité d’un recours devant une instance supérieure sera étudiée. Dans l’intervalle, aucune prise de position sur le fond ne sera communiquée.
Parallèlement, l’avocate a tenu à souligner le stress et la charge pesant sur son client: «Les sept dernières années ont été particulièrement éprouvantes pour notre client et sa famille.» Il devrait désormais «bénéficier du temps nécessaire pour assimiler ce jugement et réfléchir aux prochaines étapes».
Traduit de l'allemand par Jehanne Picard