Une grève des médecins a débuté ce lundi 5 janvier dans l’Hexagone. Prévue pour durer dix jours – une durée très rare au sein de la profession – elle mobilise l’ensemble des praticiens exerçant en libéral, qu’ils aient un cabinet ou qu’ils travaillent en clinique privée.
Ces derniers contestent plusieurs mesures du budget de la Sécurité sociale. En pleine vague de grippe et d’autres virus hivernaux, un grand nombre de cabinets refuse les consultations. En parallèle, plusieurs spécialistes exerçant en clinique privée reportent des opérations. La Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) anticipe ainsi l’arrêt de 80% des blocs opératoires entre le 10 et le 14 janvier.
Amendes et quotas: des mesures jugées cercitives
Au cœur de la contestation: une série de griefs, dont le renforcement du contrôle des arrêts de travail. Interrogée par
«France Info», une généraliste explique pourquoi elle maintiendra son cabinet fermé cette semaine: la durée maximale du premier arrêt de travail prescrit est désormais d’un mois, une durée jugée «tout à fait insuffisante». «Il y a des maladies très graves qui ne sont absolument pas guéries en un mois. Je pense notamment à certains cancers très graves. Tout cela est tout de même très préjudiciable à l’état de santé des patients.»
En outre, plusieurs autres mesures sont dénoncées par les syndicats et les professionnels, parmi lesquelles:
- des amendes pouvant atteindre 10'000 euros pour ne pas avoir alimenté le Dossier médical partagé ou pour ne pas l’avoir consulté avant de prescrire un traitement coûteux;
- de possibles baisses de tarifs pour certains actes, décidées unilatéralement par l’Assurance-maladie;
- ainsi que des quotas imposés pour les arrêts de travail.
Services d'urgences sous «très forte tension»
De leur côté, les services d’urgence seraient en situation de «saturation majeure»,
communique le conseil d’administration de Samu-Urgences de France. En cause: la grippe, la neige et la grève. Les appels urgents aux assistants de régulation médicale, aux médecins urgentistes et aux généralistes non grévistes auraient augmenté de 30 à 50% depuis le début du mouvement. Les conditions de travail seraient ainsi devenues «insoutenables», déplore le syndicat des urgences.
«Mouvement de grève des médecins généralistes», «France 3 Bretagne», 5 janvier 2026