Le canton de Bâle-Ville devra à l’avenir mettre à disposition un service d’interprétation généralisé dans le secteur de la santé.
Jusqu’à présent, des services d’interprétation standardisés n’étaient offerts que dans certaines grandes institutions, comme l’Hôpital pédiatrique universitaire des deux Bâle (UKBB). Selon l’auteure de la motion, Amina Trevisan (PS), d’importantes lacunes subsistent, en particulier dans le domaine ambulatoire – par exemple chez les médecins de famille ou en psychothérapie – où les proches ou d’autres non-professionnels continuent souvent d’assumer le rôle d’interprètes.
Le gouvernement s’était auparavant prononcé contre cette motion contraignante et n’avait proposé qu’un mandat d’examen plus souple. Le directeur de la santé, Lukas Engelberger (Centre), évoquait alors des alternatives telles que les applications de traduction et mettait en garde contre des attentes que le canton ne serait pas en mesure de satisfaire.
«Inutile et trop onéreux»
La décision du Grand Conseil a suscité de vives controverses politiques. Les partis bourgeois en ont fait une critique amère, jugeant le projet inutile et trop onéreux, et invoquant les progrès de l’intelligence artificielle dans le domaine de la traduction. Ils ont également rappelé la responsabilité des patients de maîtriser une langue nationale. À l’inverse, les partisans de la motion ont réaffirmé l’importance de services d’interprétation professionnels pour garantir la qualité des traitements, assurer la sécurité des patients et protéger les données.
Avec l’adoption de la motion, le gouvernement bâlois est désormais tenu d’élaborer des mesures concrètes afin de mettre en place une offre cantonale d’interprétariat dans le domaine de la santé.
Traduit de l'allemand par Jehanne Picard