L’offre d’emploi d’une entreprise de soins à domicile a fait sensation ces derniers jours: elle excluait explicitement les candidats de la génération Z, soit les jeunes nés entre 1995 et 2010, rapporte la
«SRF». Le poste en question: celui de chef(fe) d’équipe dans le domaine des soins.
Publiée sur une plate-forme d’emploi, l'offre précisait clairement les comportements refusés, mentionnant par exemple une «inclinaison à être malade du lundi au vendredi». Si elle a suscité de vives critiques sur les réseaux sociaux, l’organisation d’aide et de soins à domicile n’a pas souhaité commenter et a depuis modifié le contenu de son annonce.
Sur le plan juridique, l'entreprise évolue dans une zone grise. En Suisse, contrairement à l’Allemagne, la liberté contractuelle permet en principe aux employeurs d’exclure certaines tranches d’âge des candidatures.
À noter toutefois: les
données de l’Office fédéral de la statistique relativisent quelque peu la critique adressée aux jeunes travailleurs. Les absences pour maladie ou accident ont augmenté dans tous les groupes d’âge au cours des dix dernières années. En 2024, les jeunes de 15 à 24 ans ont été absents en moyenne 9,5 jours.
Au cours des cinq dernières années, ce groupe d’âge se situait légèrement au-dessus de la moyenne des classes intermédiaires, mais restait en dessous de celle des 55–64 ans, à l’exception de l’année 2022.
Attentes et atouts des jeunes générations
Le sujet devient d’autant plus complexe que le secteur de l’aide et des soins à domicile s’intéresse lui-même particulièrement à la génération Z. L’année dernière, Spitex Lueg (région de Berne) consacrait ainsi un
magazine entier aux attentes des jeunes en début de carrière, adoptant un ton résolument différent.
«Nos collaborateurs de la génération Z accordent une grande importance aux relations d’égal à égal et à la possibilité de participer activement à l’organisation», explique Andrea Nyffenegger, responsable des soins chez Spitex Region Lueg. Selon elle, il est essentiel d’impliquer les jeunes collaborateurs dans la vision de l’organisation et d’incarner ses valeurs de manière crédible au quotidien.
Ainsi, la reconnaissance et un retour rapide et précis jouent par exemple un rôle essentiel. La génération Z, grâce à sa capacité à se démarquer, contribue également à promouvoir un équilibre sain entre vie professionnelle et vie privée. Elle apporte un vent de nouveauté, apprécie la diversité des activités et soutient les collaborateurs plus expérimentés grâce à ses compétences numériques.
«La génération Z recherche du sens, des possibilités de développement et des modèles de travail flexibles», explique Amadeo Disasi, coach et partenaire de Kitoko People. Les employeurs du secteur des soins doivent, selon lui, adapter leurs conditions de travail et leur culture managériale à cette évolution.
André Pfanner-Meyer, directeur de l'OrTra Santé Berne, abonde dans ce sens: plusieurs études montrent en effet que la génération Z accorde une grande importance à l'autonomie, à la participation et à la satisfaction professionnelle. Parallèlement, elle aspire à tracer une frontière plus nette entre vie professionnelle et vie privée, un sujet de plus en plus débattu sous l'appellation de « Work-Life-Separation ».
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Traduit de l'allemand par Jehanne Picard