Zurich investit près d'un demi-milliard pour la prochaine génération de médecins

Le Grand Conseil zurichois octroie 25 millions de francs au projet «Med500+». Dès 2030, 700 au lieu de 430 personnes par an pourront étudier la médecine humaine à Zurich.

, 4 mars 2026 à 15:16
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Auditoire à l'USZ. Image: Christoph Stulz
Le Grand Conseil zurichois réagit à la pénurie croissante de médecins et augmente nettement les capacités de formation. Par 174 voix, le Parlement cantonal a approuvé un crédit d'investissement de 25 millions de francs pour le projet «Med500+».
À partir de 2030, la Faculté de médecine de l'Université de Zurich disposera de 700 places d'études par an, contre 430 aujourd'hui.
Avec cette extension, le canton entend réduire sa dépendance vis-à-vis de l'étranger. Actuellement, plus de 40 pour cent des médecins exerçant en Suisse viennent de l'étranger. Des études estiment qu'il pourrait manquer entre 5500 et 8700 médecins dans toute la Suisse d'ici 2040.

Nouvelles chaires et infrastructures

Le projet prévoit également dix chaires supplémentaires pour un total d'environ 140 postes à temps plein ainsi que des surfaces de formation supplémentaires d'environ 24'000 mètres carrés. Le curriculum doit également être revu: Les études seront plus proches de la pratique et miseront davantage sur des outils modernes, notamment grâce à une clinique de simulation.
Au total, l'extension devrait coûter au canton de Zurich près d'un demi-milliard de francs d'ici 2036. «Nous visons un cofinancement par la Confédération et, le cas échéant, par d'autres cantons», a déclaré au préalable la directrice de l'éducation Silvia Steiner à la «SRF».

Soutien et mises en garde

L’extension a fait l’objet d’un large consensus au Grand Conseil. Des représentants de plusieurs partis ont souligné la nécessité de former davantage de médecins en Suisse. Plusieurs interventions ont toutefois rappelé que l’augmentation du nombre de places d’études ne suffira pas à elle seule. Il faudra également garantir un nombre suffisant de postes de formation postgraduée ainsi que des conditions de travail attractives dans les hôpitaux et les cabinets.
Des critiques ont aussi été formulées à l’égard du numerus clausus, qui limite jusqu’ici fortement le nombre d’étudiants admis en médecine.
L'ASMAC de Zurich, l’association des médecins assistants et chefs de clinique, salue la décision du parlement cantonal et l’extension prévue dans le cadre du projet «Med500+». Selon l'association, il s’agit d’une première étape importante pour lutter contre la pénurie de médecins. Elle appelle toutefois à améliorer les conditions de travail et la qualité de la formation postgraduée. «Nous sommes prêts à contribuer à la prochaine révision du curriculum», écrit l'ASMAC sur LinkedIn.
  • Médecins en devenir: quand les vocations naissent au chevet des patients. Quel est l’élément le plus décisif dans les choix de carrière des étudiants en médecine? D'après une récente étude menée en Suisse, ce n'est ni le revenu, ni le mode de vie, mais bien l’attrait qu’une spécialité développe au fil de la formation.
Traduit de l'allemand par Sarah Bourdely
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