L’élément déclencheur remonte à février 2023: un jeune homme a perdu la vie dans le cadre d’un traitement à la méthadone administré à la clinique de Königsfelden. Ses parents ont alors sollicité l’ouverture d’une enquête. Des soupçons portent en effet sur une possible surdose de méthadone: la posologie de cette substance de substitution aurait-elle été mal évaluée?
Le service médical cantonal d’Argovie a réagi en renforçant ses directives. À l’avenir, les médecins exerçant dans des établissements hospitaliers devront eux aussi demander une autorisation individuelle pour chaque traitement par agonistes opioïdes.
L’ancienne procédure, en vigueur depuis 2016, prévoyait que seuls les médecins exerçant en ambulatoire devaient solliciter une autorisation individuelle pour prescrire des traitements à base de substituts opioïdes. Les cliniques étaient en revanche autorisées à proposer ce type de traitement aux patients hospitalisés sur la base de l’autorisation générale accordée à l’établissement.
À la suite du décès, le directeur argovien de la santé, Jean-Pierre Gallati, a fait établir une expertise juridique. Celle-ci est parvenue à la conclusion que l’autorisation générale accordée aux établissements hospitaliers contrevenait au droit fédéral : les cliniques doivent également déposer des demandes individuelles pour chaque traitement par agonistes opioïdes.
Les services psychiatriques d’Argovie (PDAG) s’étaient auparavant opposés à cette obligation. Ils faisaient valoir, dans les colonnes de l’«Aargauer Zeitung», qu’une telle procédure retarderait considérablement la prise en charge des personnes dépendantes et mettrait en danger la sécurité des patients. De nombreuses personnes dépendantes se présentent en effet aux urgences du PDAG en soirée ou durant le week-end et nécessitent un traitement immédiat.
Les nouvelles directives entreront en vigueur en avril 2026.