Quels sont les trois principaux défis rencontrés par la direction des soins? À première vue, on serait tenté de répondre: «la pénurie de personnel» à tous les niveaux. C’est précisément ce que le Baromètre CNO avait encore récemment confirmé: dans le cadre de l’enquête menée par le cabinet de conseil PwC, les directeurs des soins interrogés citaient la pénurie de personnel qualifié comme le plus grand défi à relever.
C’était en 2023. Mais PwC vient de publier une nouvelle version de son baromètre. Dans l’édition 2025 consacrée aux principaux obstacles, la pénurie de personnel qualifié ne figure soudain plus en tête de liste. La pression sur les coûts est désormais le problème le plus souvent mentionné, suivie de l’obligation d’efficacité, des exigences liées à la numérisation, de l’absentéisme et de la planification du personnel. Le manque de personnel qualifié? Il chute à la sixième place.
Que s’est-il passé? Selon les auteurs de l’étude PwC, la pression économique subie par les directions des soins en Suisse a nettement augmenté. Celles-ci se voient donc contraintes de redoubler d’efforts. Les CNO interrogés en 2025 estiment que l’augmentation de l’efficacité (le deuxième défi le plus important) est une priorité, ce qui renforce l’importance de la numérisation (le troisième défi le plus pressant).
Interrogés sur leurs attentes en matière de numérisation, les répondants plébiscitent l’automatisation de la documentation, notamment grâce à la reconnaissance vocale ou à la saisie assistée par intelligence artificielle. La planification numérique des rendez-vous, des capacités et des traitements figure également parmi leurs souhaits.
Pour autant, le manque de personnel reste un défi majeur pour plus de la moitié des participants à l’étude (55%). «Le management s’est en quelque sorte habitué à cet état permanent», estiment les auteurs.
«Les thèmes de l’augmentation de l’efficacité et de l’optimisation de l’activité principale sont plus présents que jamais.» — Philip Sommer, responsable du conseil dans le domaine de la santé, PwC.
Face à la pénurie de personnel soignant, les établissements de santé se tournent le plus souvent vers l’intérim: deux tiers des personnes interrogées évoquent cette solution. Cette tendance est d’autant plus frappante que 2025 marque une année de renforcement de l’opposition des établissements de santé au travail temporaire. Selon le baromètre de l’ONC, les institutions mobilisent de plus en plus souvent leurs propres moyens et ressources flexibles, comme des pools internes.
Dans 64% des établissements interrogés, le manque de personnel entraîne une augmentation des heures supplémentaires. Pour limiter cette charge de travail – et le turnover – près de la moitié des établissements font appel à du personnel moins qualifié (49%).
Dans le cadre de cette enquête, PwC a interrogé, en collaboration avec Swiss Nurse Leaders, des cadres infirmiers de direction. Au total, 95 cadres ont participé, dont 35 provenaient d’hôpitaux de soins aigus et environ 15 de cliniques de rééducation, de cliniques psychiatriques, d’organisations d’aide et de soins à domicile, ainsi que d’établissements médico-sociaux.