Dans le domaine de la santé, chacun parle son propre langage. Le patient dit «Je souffre le martyre», le médecin pose un diagnostic de «polyarthropathie périphérique» et, de son côté, le système informatique convertit ces informations en données. Problème: ces données sont souvent «illisibles pour des ordinateurs autres que ceux qui les ont générées», explique Christian Lovis, médecin-chef du Service des sciences de l’information médicale (SIMED) des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).
C'est précisément à cet obstacle que s'attaquent les HUG, en collaboration avec l'opérateur français PHAST. Leur objectif: développer un outil capable de «traduire les informations numériques de santé afin de les rendre interprétables par tous les systèmes d’information qui doivent les utiliser», indique un
communiqué.
«Ce n’est pas un gadget, mais un changement radical»
En d’autres termes, il s’agit de permettre à des institutions différentes – via leurs systèmes informatiques – de se comprendre et de collaborer. Un enjeu majeur à l’heure où le partage des données de santé entre hôpitaux, cliniques et centres de soins devient incontournable. Le SIMED genevois se penche sur cette question depuis déjà plus de quinze ans.
Cet effort prend aujourd'hui un nouvel élan. Les HUG et PHAST ont décroché un marché de l’Agence française du numérique en santé pour déployer des terminologies médicales internationales, dont SNOMED-CT. Cette terminologie «n’est pas un gadget, mais un changement radical qui, j’en suis convaincu, marquera l’histoire», conclut Christian Lovis.