Jocelyne Bloch et Grégoire Courtine reçoivent le Queen Elizabeth Prize for Engineering

Le duo lausannois, reconnu pour ses travaux pionniers à l’interface de la neurochirurgie et de l’ingénierie, fait partie des neuf scientifiques distingués par le prestigieux prix britannique.

, 4 février 2026 à 00:30
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Image: DR
Les neurosciences sont à l’honneur outre-Manche: le comité du «Queen Elizabeth Prize for Engineering» vient de récompenser neuf scientifiques dans le domaine des interfaces neuronales. Parmi eux figurent Jocelyne Bloch et Grégoire Courtine, distingués pour leurs travaux pionniers au service des personnes paralysées.
L'une de leurs technologies a déjà permis à des patients de recouvrer partiellement la capacité de mouvoir leurs membres paralysés par la pensée. Ce dispositif médical rétablit une connexion essentielle entre le cerveau et la fonction motrice, une voie interrompue en cas de lésion médullaire.

Entre innovation et neurochirurgie

Moteur de ces avancées: la collaboration fructueuse entre deux figures des neurosciences. Professeure associée à la Faculté de biologie et de médecine de l’Université de Lausanne (CHUV-UNIL) et professeure titulaire à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), Jocelyne Bloch a pris, il y a un an, la direction du Service de neurochirurgie du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). À ses côtés, le neuroscientifique lausannois Grégoire Courtine est notamment professeur à l’EPFL.
Ensemble, ils pilotent NeuroRestore, un institut novateur situé au carrefour de la médecine et des sciences de l’ingénierie, fruit d’une synergie entre le CHUV-UNIL et l’EPFL. Parmi leurs ambitions communes figure l’exploitation de méthodes de neuromodulation biomimétique et de stimulation en boucle fermée afin de restaurer la locomotion chez des patients atteints de paraplégie.
«La neurochirurgie enseigne l’humilité. L’innovation exige de l’audace. Notre parcours a nécessité les deux, et ce prix reconnaît que cette combinaison improbable était essentielle pour faire progresser les traitements destinés aux personnes paralysées», souligne Jocelyne Bloch, citée dans un communiqué de l’EPFL.
Sept autres chercheuses et chercheurs, tous actifs dans le domaine des interfaces neuronales, ont également été récompensés: Graeme Clark, Erwin Hochmair, Ingeborg Hochmair, Blake Wilson, John Donoghue, Alim Louis Benabid et Pierre Pollak.

À (re)lire

  • «C’était comme un réveil après un très long sommeil». Hypotension, malaises, brouillard cérébral… Certaines conséquences d’une lésion médullaire restent invisibles. Face aux troubles de régulation de la pression artérielle, un nouvel implant développé en Suisse affiche des résultats très prometteurs.
  • Un pas de plus: la stimulation aide les paralysés à marcher. À Lausanne, une nouvelle approche combine stimulation de la moelle épinière et robotique pour améliorer la coordination musculaire des paralysés médullaires – un procédé qui pourrait un jour intégrer les cliniques de rééducation du monde entier.

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