Préserver la mémoire? Le pari d'une chercheuse à Genève

Lucie Bréchet reçoit un nouveau prix pour poursuivre ses recherches sur une méthode innovante: la stimulation cérébrale non invasive pour prévenir la dégradation de la mémoire.

, 10 février 2025 à 11:47
image
Lucie Bréchet, chercheuse au Département des neurosciences cliniques de l'Université de Genève | Image: DR
Lucie Bréchet, neuroscientifique cognitive, a obtenu la deuxième phase du Prix de Développement de Carrière de la Fondation de Recherche Démence – Fondation Synapsis Suisse, une subvention de suivi de deux ans. Ce financement lui permettra de poursuivre ses recherches sur l'effet de la stimulation cérébrale non invasive sur la mémoire des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer.
Chercheuse au Département des neurosciences cliniques de la Faculté de médecine de l'Université de Genève, elle s’est spécialisée dans la stimulation transcrânienne à courant alternatif (tACS), une technique non invasive qui modifie l'activité neuronale en appliquant de faibles courants électriques sur le cuir chevelu à des fréquences spécifiques.
Son objectif: prévenir la dégradation de la mémoire – notamment l’apparition de la démence – en améliorant les mécanismes de plasticité cérébrale et les fonctions cognitives. À travers son projet de recherche, elle étudie les effets thérapeutiques à long terme de cette approche. La tACS est administrée à distance et de manière supervisée, permettant ainsi le traitement des patients et patientes à domicile.

Parcours et activités professionnelles

Lucie Bréchet, titulaire d’un doctorat de l’EPFL, a travaillé au Centre de Neuroprosthetics (NeuroX) et au Centre d'Imagerie Biomédicale (CIBM).
En 2019, elle obtient un financement postdoctoral et mène ses recherches pendant deux ans au Department of Neurology de la Harvard Medical School. Elle reçoit un premier Prix de Développement de Carrière de la Fondation Synapsis – Recherche Démence Suisse, ce qui lui permet de rejoindre le Département des neurosciences fondamentales de la Faculté de médecine de l'UNIGE.
En 2023, elle décroche un subside Ambizione du Fonds National Suisse (FNS) et dirige un essai clinique suisse avec un dispositif médical approuvé par Swissethics et Swissmedic.
Parallèlement à ses activités de recherche, elle enseigne et encadre des étudiants dans le cadre du Master «Neuroimagerie dans les troubles psychiatriques». Lucie Bréchet est également membre du comité scientifique du Swiss Dementia Forum, organisé par le Swiss Network for Dementia Research, et occupe un rôle de conseillère scientifique auprès de la start-up medtech suisse Bottneuro AG.


  • soins aigus
  • alzheimer
  • Recherche
  • UNIGE
  • Démence
Partager l'article

Loading

Commentaire

Plus d'informations sur ce sujet

image

Accusation de traitement tardif: deux neurochirurgiens acquittés

Accusés d’une prise en charge tardive après un infarctus cérébral, deux anciens neurochirurgiens de l’Hôpital cantonal de Saint-Gall ont été acquittés par le tribunal.

image

Recherche suisse: découverte d'une nouvelle cause de cécité héréditaire

La cause génétique de la rétinite pigmentaire restait incertaine chez de nombreuses personnes. Une étude menée sous la direction de Bâle révèle que des variantes dans cinq gènes ARN peuvent déclencher la maladie.

image

Hausse des dépenses de santé: faut-il incriminer l'offre ou la demande?

Le débat sur les coûts de la santé se concentre depuis plusieurs années sur l'offre. Une nouvelle étude montre toutefois que les préférences et les besoins individuels ont globalement plus d'importance que l'offre en place.

image

Soins intensifs: des différences persistantes entre hommes et femmes en Suisse?

Alors que la médecine hospitalière tend à limiter les traitements intensifs lorsque le bénéfice attendu est faible, des écarts subsistent entre les sexes: les femmes sont moins souvent admises en soins intensifs et se voient plus fréquemment proposer des approches moins invasives.

image

Conservateurs, cancer et diabète: une association vertigineuse?

Plus de 100'000 participants suivis sur 15 ans: deux nouvelles études françaises révèlent plusieurs associations interpellantes entre exposition aux additifs conservateurs et risque de cancer et de diabète de type 2.

image

L'esprit d'équipe encourage les soignants à faire des pauses

Selon une étude américaine, les infirmières qui travaillent dans les soins intensifs font davantage de pauses lorsque la cohésion de l'équipe est forte.

Du même auteur

image

La Société genevoise de pédiatrie réduit ses horaires de garde

Dès février 2026, les pédiatres de la Société genevoise de pédiatrie (SGP) assureront des gardes sur des plages horaires réduites. En cause: les nouveaux tarifs Tardoc.

image

Gianni Saitta, nouveau directeur du Centre Hospitalier du Valais Romand

Gianni Saitta quittera l’État de Vaud pour rejoindre l’Hôpital du Valais romand. Il succédera, en mai 2026, à Chrystel Carrupt, directrice ad interim depuis le départ de Pierre-Alain Triverio.

image

En France, les médecins font grève et les urgences saturent

Quotas, baisse de tarifs… praticiens en cabinet comme chirurgiens en cliniques privées sont nombreux à se joindre à un mouvement de grève d’une ampleur inédite. En parallèle, les services d’urgences se disent submergés.