En poste depuis six ans et toujours pas régularisé

En France, près de 300 médecins diplômés hors Union européenne entament une grève de la faim pour dénoncer leurs conditions salariales et des régularisations qui tardent: certains exercent dans les hôpitaux français depuis de nombreuses années.

, 6 mars 2025 à 15:45
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Image symboloque: Ashkan Forouzani via Unsplash
Ils sont près de 300 médecins titulaires d'un diplôme étranger hors Union européenne et exerçant en France à entamer une grève de la faim de trois jours, en amont d'une manifestation prévue à Paris.
Ceux qu'on appelle les «Padhue», praticiens diplômés hors de l’Union européenne, se battent depuis déjà plusieurs années pour être régularisés. Certains d'entre eux, à l'instar d'Abdelhalim Bensaïdi, diabétologue à l’hôpital de Nanterre depuis plus de six ans et vice-président de l’association Ipadecc (Intégration des praticiens à diplôme étranger contre la crise), exercent dans les hôpitaux français depuis de nombreuses années.
Leur parcours, dans l'attente d'une régularisation, est jonché d'obstacles: contrats précaires, rémunérations trois fois inférieures à la normale, insécurité administrative, ou encore récemment, limitation du nombre de places retenues. En effet, sur les 4'000 postes devant être pourvus à l'issue des épreuves de vérification des connaissances (EVC), 700 ont été supprimés.

«Ils tiennent parfois à bout de bras nos services de soins»

Pourtant, le pays voisin fait face à d'importantes pénuries et crises que le personnel étranger a su affronter, malgré des conditions salariales défavorables. «Si l’hôpital français ne s’est pas effondré, c’est qu’à chaque période de crise, une vague de médecins étrangers est arrivée», rappelait Louis-Vladimir Vandermeerschen, délégué national du Syndicat des manageurs publics de la santé, dans les colonnes du journal français «Libération».
L’ancien Premier ministre Gabriel Attal et le président Emmanuel Macron avaient pourtant promis davantage de régularisations pour ces praticiens qui «tiennent parfois à bout de bras nos services de soins», déclarait le chef de l’État en janvier dernier.
Mais sur le terrain, la situation reste inchangée, et la colère monte. Lors des récentes manifestations, un message affiché sur les pancartes résumait leur frustration: «Médecins étrangers pas chers, voilà la bonne affaire.»
  • Pour en savoir davantage: «France Info», «Le Figaro».

Prise de position du vice-président d'IPADECC, Abdelhalim Bensaidi

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